Myths or Realities ? 28 claims often heard

Safety

Les compléments alimentaires peuvent être dangereux car ils peuvent renfermer des contaminants

Examen de l’allégation :

Doc S1/04/17

Notre conclusion

Vrai mais dénué de pertinence

Il s’agit d’une déclaration qui est toujours vraie mais qui est en même temps dénuée de pertinence.  Toutes les denrées alimentaires peuvent renfermer des contaminants mais ce n’est pas une raison pour mettre en garde la population contre leur usage.  En ce qui concerne les compléments alimentaires, ce risque est en outre particulièrement faible.  Les compléments alimentaires sont tout simplement des produits très sûrs.

  • Les fabricants de CA en Belgique travaillent avec des normes de qualité élevées.

Tous les opérateurs qui fabriquent ou distribuent des compléments alimentaires en Belgique doivent se faire connaître auprès de l’AFSCA et obtenir une autorisation.  Vous trouverez les entreprises agréées sur le site www.foodweb.be.  En fonction des activités, un programme de contrôle est élaboré et les opérateurs sont soumis à des audits d’inspection périodiques. Les systèmes de qualité en matière de compléments alimentaires reposent sur les règles HACCP européennes. Les règles HACCP doivent être respectées conformément aux dispositions sectorielles. En Belgique, par exemple, on travaille avec le Système d’Autocontrôle. Ce système d’autocontrôle garantit que les opérateurs ont bel et bien mis en œuvre les exigences de qualité sectorielles. À cet effet, les opérateurs peuvent demander une certification externe auprès de sociétés d’audit agréées ou demander une certification via l’AFSCA.

Les autres états membres de l’UE travaillent suivant des normes de qualité similaires, même si l’interprétation des systèmes de qualité par leurs autorités nationales est parfois formulée différemment. Naredi estime que nous pouvons affirmer que les membres de Naredi en Belgique, notamment grâce au système des guides d’autocontrôle, jouent un rôle moteur dans le domaine de l’assurance qualité des compléments alimentaires. En effet, les entreprises se soumettent à des contrôles rigoureux à l’entrée des matières premières et sur les produits finis.

  • Le risque de contaminations dangereuses dans des compléments est extrêmement faible

Comme pour tous les autres compléments alimentaires, une contamination involontaire peut survenir pendant le processus de production. D’où l’élaboration de la norme HACCP européenne qui stipule la façon dont vous devez gérer ce problème en tant que fabricant et la façon de l’éviter.  Ainsi, le risque de contaminations dangereuses est limité à un minimum absolu, voire même exclu.

Les compléments alimentaires sont de très petites quantités, surtout par rapport à l’alimentation normale que nous ingérons.  Le risque de contamination dangereuse dans un ingrédient pour un petit comprimé de 500 mg est donc beaucoup plus faible que – par exemple – dans un plat préparé de 500 grammes.

Le législateur a également prévu des exigences strictes pour limiter les contaminations. Par exemple, des quantités maximales de sécurité s’appliquent aux métaux lourds, aux hydrocarbures aromatiques polycycliques, aux OGM, aux pesticides, etc. Des règles strictes s’appliquent également aux allergènes afin d’éviter toute contamination (croisée).  En outre, il existe des règles en matière de notification obligatoire, des procédures strictes de rappel et une traçabilité totale qui permettent de contrôler les conséquences d’une éventuelle contamination.

Chaque année, l’AFSCA publie les résultats de ces contrôles et il en ressort que les compléments alimentaires sont d’excellente qualité.  Au cours des dix dernières années, aucun cas de contamination ayant entraîné des effets néfastes n’a été signalé.

  • Les consommateurs sont informés de la présence potentielle d’allergènes

Tous les ingrédients d’un complément alimentaire, y compris les éventuels agents de charge et tous les additifs, sont mentionnés dans la liste d’ingrédients.  Les allergènes potentiels sont indiqués dans cette liste en caractères gras afin d’être bien visibles pour le consommateur.

  • Les avertissements obligatoires sur l’étiquette apportent une protection supplémentaire au consommateur

Les compléments alimentaires comportent en outre, comme les denrées alimentaires ‘ordinaires’, tous les avertissements obligatoires (‘warning statements’) imposés par la réglementation FIC européenne (Règlement UE  1169/2011).  Cette législation s’applique par exemple à la caféine, aux polyols, aux édulcorants, aux phytostérols, à la réglisse (Glycyrrhiza glabra) et à bien d’autres substances.

En Belgique, d’autres obligations sont également en vigueur sur base du projet d’adaptation de l’AR 3/3/1992, notamment pour le zinc, le potassium et la vitamine K. Par ailleurs, de nombreuses autres mentions sont obligatoires pour des plantes conformément à l’arrêté sur les plantes AR 29/8/1997, par exemple pour le Gingko Biloba et l’Aloe Vera.  Du reste, d’autres Arrêtés en vigueur donnent lieu à des mentions comme par exemple pour la N-Acétylcystéine.

Abréviations et références

AFSCA = Agence fédérale pour la Sécurité de la Chaîne alimentaire (www.favv.be)

HACCP = Hazard Analysis and Critical Control Points

FIC = Food Information to Consumer

Pour les références aux textes de loi et aux règles : voir Doc. R1.

 Les multivitamines peuvent être dangereuses car elles sont surdosées

Examen de l’allégation :

Doc S2/04/17

Notre conclusion

FAUX

Les compléments alimentaires qui sont commercialisés légalement en Belgique sont toujours dosés en toute sécurité.

Vous pouvez reconnaître ces produits à leur numéro NUT, visible sur l’emballage ou sur le site Web officiel.

-> Les compléments alimentaires commercialisés en BE sont dosés EN TOUTE SÉCURITÉ

Tous les compléments alimentaires proposés sur le marché belge doivent respecter la législation belge (voir DocR1).Seuls des ingrédients autorisés doivent être utilisés.En ce qui concerne les additifs, les vitamines, les minéraux et les plantes, il existe des ‘listes positives’ légales : seuls ces ingrédients peuvent être utilisés.

La Belgique impose des exigences spécifiques en matière de dosages de sécurité de vitamines et de minéraux qui peuvent être utilisés (AR 3/3/1992 – actuellement en révision). Il existe également une législation qui régit l’utilisation de préparations de plantes (AR 29/8/1997) et il existe également un AR pour l’utilisation “d’autres substances”. Naredi peut affirmer que, dans de nombreux cas, la législation belge est plus stricte que dans d’autres pays.

Outre cette législation nationale, une série de lois et de décrets sont également édictés au niveau européen. Par exemple, seules peuvent être utilisées les formes chimiques des vitamines et de minéraux approuvées par l’EFSA  et qui sont énumérées dans la Directive européenne 2002/46.

Toutes ces dispositions sont étroitement contrôlées par nos autorités lors de la notification de nouveaux compléments alimentaires. Un contrôle rigoureux est également assuré par les services de contrôle de l’AFSCA.

Tous les compléments alimentaires notifiés sont repris sur le site Web du SPF DG4 (https://apps.health.belgium.be/foodsup/faces/public/public.jspx?_afrLoop=13489083244555300&_afrWindowMode=0&_adf.ctrl-state=vlj5vzbny_13 ). La transparence est ainsi assurée et chacun peut faire un choix sûr et responsable.

Nous voulons également signaler que des contrôles de l’AFSCA en 2016 ont révélé que tant les compléments alimentaires que leurs fabricants satisfont aux exigences de qualité les plus élevées.  En effet, 99 % des compléments alimentaires contrôlés par l’AFSCA répondent scrupuleusement aux exigences de qualité et d’hygiène imposées par l’Agence (98,4 % en 2015). Sur un total de 953 analyses chimiques, 943 se sont avérées conformes aux exigences imposées. En ce qui concerne les opérateurs contrôlés par l’AFSCA, 94 % d’entre eux ont obtenu une évaluation positive, à savoir 124 inspections sur un total de 132 (87 % en 2015).

EFSA = Autorité européenne de Sécurité des Aliments

AFSCA = Agence fédérale pour la Sécurité de la Chaîne alimentaire (www.favv.be)

SPF DG4 = Service Public Fédéral Santé publique, Sécurité de la chaîne alimentaire et Environnement – DG Animaux, Végétaux et Alimentation.

Les multivitamines peuvent être dangereuses car elles entraînent un surdosage

Examen de l’allégation :

Doc S3/04/17

Notre conclusion

FAUX

Les compléments alimentaires qui sont commercialisés légalement en Belgique sont toujours dosés en toute sécurité. Vous pouvez reconnaître ces produits à leur numéro NUT, visible sur l’emballage ou sur le site Web officiel. L’emballage indique toujours clairement la dose quotidienne normale.  Même un apport plus élevé (comme, par exemple, sur avis médical) n’entraînera des désagréments que dans des cas extrêmement rares. Nous ne connaissons aucune étude démontrant l’existence d’un surdosage dangereux suite à l’utilisation de compléments alimentaires normaux.

Les limites maximales autorisées de vitamines et de minéraux sont des limites DE SÉCURITÉ

  • Les rapports du Conseil Supérieur de la Santé (CSS) et de l’EFSA (autorité européenne de Sécurité des Aliments) déclarent les limites et les apports autorisés comme SÛRS pour une utilisation chronique.
  • Les niveaux autorisés tiennent compte de l’apport en vitamines et en minéraux de l’alimentation et des compléments (voir rapport CSS).
  • ‘L’apport journalier recommandé’ figure toujours clairement sur l’emballage sous « Mode d’emploi ».  Nous pouvons partir du principe que le consommateur comprend cette mention et la respecte (comme on le fait avec les médicaments OTC). 
  • Les limites autorisées sont même toujours inférieures aux limites de sécurité et donc un dépassement involontaire ou temporaire ‘raisonnable’ de l’apport journalier recommandé du complément (comme l’indique l’emballage) n’est ni toxique, ni dangereux.  Aucun risque aigu n’est donc lié à la prise temporaire d’une dose plus élevée - évidemment dans les limites normales.
  • Généralement, les limites autorisées sont plusieurs fois plus élevées que l’AJR et vous pouvez donc prendre sans problème plus que l’AJR, il n’y a AUCUN DANGER (voir doc S11).
  • Une étude détaillée sur le risque de surdosage en Allemagne a démontré que la prise de compléments alimentaires n’est pas associée à un risque de surdosage (Willers et al, 2014).
  • Le risque d’une consommation excessive des vitamines A, D, E et K a été évalué par Moyersoen et al (2017). Ce risque a été qualifié d’inexistant (vit E et K) ou de minime (Vit A et D). Cette étude a permis de constater, lors d’un examen approfondi, que les consommations élevées de vitamines D des compléments semblaient provenir de la prise de médicaments prescrits fortement dosés en vitamines D.
  • De plus, nous soulignons que chaque complément alimentaire comporte, sur son étiquette, une mention obligatoire qui met en garde contre le dépassement de la dose journalière recommandée (AR 12/2/2009 art. 4).

Références

  • CSS – Conseil Supérieur de la Santé.  Recommandations nutritionnelles pour la Belgique – 2016.  Septembre 2016.  CSS N° 9285.
  • Moyersoen I et al (2017) “Intake of Fat-Soluble Vitamins in the Belgian Population: Adequacy and Contribution of Foods, Fortified Foods and Supplements” Nutrients 2017, 9, 860.
  • Willers et al, “Vitamin Intake from Food Supplements in a German Cohort – Is there a Risk of Excessive intake?” Int. J. Vitam. Nutr. Res. 84 (3-4), 2014.
Une supplémentation en vitamine C provoque des calculs rénaux

Examen de l’allégation :

Doc S4/04/17

Notre conclusion

FAUX

Plusieurs études scientifiques sur le sujet démontrent qu’il n’existe aucun lien formel entre la prise de vitamine C et les calculs rénaux.

On prétend parfois que la vitamine C provoquerait des calculs rénaux. Peut-être cette allégation repose-t-elle sur le fait que les calculs rénaux sont essentiellement composés d’oxalate de calcium et que la vitamine C peut se transformer dans le corps en acide oxalique (oxalate).

Il existerait une soixantaine de facteurs susceptibles d’influencer la formation de calculs rénaux et plusieurs de ces facteurs doivent être présents pour conduire en effet à la formation de ces calculs rénaux.

L’ensemble des résultats d’études souvent contradictoires prouve qu’il n’existe aucun lien entre la vitamine C et la formation de calculs rénaux et dans certains cas, la vitamine C pourrait même ralentir la formation de calculs rénaux.

Vous trouverez ci-dessous plusieurs études et constatations importantes sur le sujet.

  1. Curhan e.a. (1999) : 85.557 femmes. Suivi pendant 14 ans à aucun lien significatif entre la prise de vitamine C et le développement de calculs rénaux (250 mg/1500 mg).
  2. Curhan e.a. (1996) : 45.251 hommes. Suivi pendant 6 ans -> aucun lien significatif entre le développement de calculs rénaux et la prise de vitamine C (250 mg/1500 mg).
  3. Gerster (1997) : Moins de calculs rénaux observés en cas de dosage plus élevé de la vitamine C.
  4. Simon et Hudes (1999) : Toute augmentation du taux de vitamine C dans le sang de 1 mg par 100 ml n’avait pas de rapport avec une augmentation de 28 % de l’apparition de calculs rénaux chez les hommes.
  5. Schmidt e.a. (1981) : En cas d’apport accru de vitamine C, on assiste à un nivellement de la production d’oxalate. De grandes quantités de vitamine C ne sont donc pas transformées en oxalates.
  6. Takenouchi e.a. (1966) : La dégradation métabolique de la vitamine C ne suit pas nécessairement tout le trajet jusqu’à la production d’oxalates. En cas d’apports plus élevés de vitamine C, l’élimination d’acide dicétogulonique par les urines est plus importante.
  7. Lamden et Chrystowski (1954): Des prises de vitamine C jusqu’à 4000 mg n’entraînaient pas d’augmentation de l’excrétion d’oxalate.
  8. Hagler et Herman (1973) : La glycine est probablement la principale source de glyoxylate, qui est le principal précurseur direct de l’oxalate.
  9. Zarembski et Hodgkinson (1962) : Dans le régime alimentaire de l’anglais moyen, le thé est probablement la principale source d’oxalate.
  10. Schwille e.a. (2000) : La vitamine C empêchait la formation de cristaux d’oxalate de calcium chez les personnes ayant des antécédents de calculs urinaires.
  11. L’Autorité européenne de Sécurité des Aliments EFSA (2006) a constaté que les personnes avec un apport en vitamine C de 1,5 g par jour ne présentaient pas de risque accru de calculs rénaux.
Les multivitamines peuvent être dangereuses car un apport trop élevé de vitamines liposolubles A, D, E et K donne lieu à une accumulation dans l’organisme

Examen de l’allégation :

Doc S5/04/17

Notre conclusion

DÉNUÉ DE PERTINENCE

Les vitamines A, D, E et K sont effectivement des vitamines liposolubles et peuvent, en théorie, s’accumuler dans les tissus adipeux de l’organisme. 

L’affirmation selon laquelle cette accumulation peut occasionner des situations dangereuses, surtout en cas d’utilisation des dosages autorisés en Belgique, constitue une exagération non fondée.

  • La vitamine A peut en effet s’accumuler dans l’organisme.  Voilà pourquoi, dans les compléments alimentaires, on utilise très souvent du bêtacarotène, un précurseur de la vitamine A qui n’entraîne pas d’accumulation de vitamine A (= provitamine A) car seules les quantités de bêtacarotène dont le corps a besoin sont transformées en vitamine A.
  • De récentes évaluations de sécurité détaillées par l’EFSA de ces vitamines aux doses normales n’ont pas permis de confirmer l’allégation susmentionnée.  ‘L’accumulation dans l’organisme’ n’a pas été cité comme facteur de risque en soi dans aucune de ces évaluations.
  • « L’apport maximal tolérable » fixé par l’EFSA est, pour toutes les vitamines liposolubles, beaucoup plus élevé que les valeurs fixées comme maximum par la Belgique (voir tableau ci-dessous).  Nous pouvons donc être rassurants et affirmer que les dosages utilisés en Belgique sont absolument sûrs.
  • Le risque d’une consommation excessive des vitamines A, D, E et K a été évalué par Moyersoen et al (2017).  Ce risque a été qualifié d’inexistant (vit E et K) ou de minime (Vit A et D). Cette étude a permis de constater, lors d’un examen approfondi, que les consommations élevées de vitamines D des compléments semblaient provenir de la prise de médicaments prescrits fortement dosés en vitamines D.

Références

(Moyersoen I et al (2017) “Intake of Fat-Soluble Vitamins in the Belgian Population: Adequacy and Contribution of Foods, Fortified Foods and Supplements” Nutrients 2017, 9, 860.

 

EFSA “Apport maximale tolérable”

Maximum belge

Vit A sous forme de rétinol

3000 µg

1200 µg

Vit A sous forme de bêtacarotène

15 mg

7.2 mg

Vit D

100 µg

75 µg

Vit E

300 mg

39 mg

Vit K

Non fixé

210 µg

EFSA = Autorité européenne de Sécurité des Aliments

Les multivitamines peuvent être dangereuses car une étude a démontré qu’elles peuvent provoquer des cancers

Examen de l’allégation :

Doc S6/04/17

Notre conclusion

FAUX

Les compléments alimentaires qui sont commercialisés légalement en Belgique sont toujours dosés en toute sécurité.  Il n’existe aucune preuve scientifique indiquant que des doses normales ou même plus élevées provoquent des cancers.  Il n’existe aucune étude démontrant que des compléments provoquent des cancers.

Lorsque l’on fait référence à des cancers provoqués par des compléments alimentaires, on renvoie toujours à quelques études parlant essentiellement de la vitamine A et E chez des fumeurs et des travailleurs de l’amiante.  Toutefois, ces études ne peuvent pas être utilisées pour prouver l’allégation susmentionnée.  Une récente analyse de cette allégation peut se résumer comme suit :

Trois grands ‘essais randomisés contrôlés’ ont analysé l’effet de la supplémentation à long terme de doses élevées de bêtacarotène sur le risque de développer un cancer du poumon.  En Finlande, l’étude ATBC (« Alpha-Tocopherol Beta-Carotene Cancer Prevention Study ») a évalué l’effet de 20 mg/jour de bêtacarotène et/ou de 50 mg/jour d’alpha-tocophérol (vitamine E) chez plus de 29.000 fumeurs masculins (1), et aux États-Unis, la beta-Carotene and Retinol Efficacy Trial (CARET) a évalué les effets d’une association de 30 mg/jour de bêtacarotène et de 25000 IU/jour (= 7,5 mg/jour) de rétinol (vitamine A) chez plus de 18.000 hommes et femmes qui étaient des fumeurs ou d’anciens fumeurs ou qui avaient des antécédents de contact professionnel avec de l’amiante (2).

Dans ce cadre, nous constatons que les doses utilisées sont considérablement plus élevées que les doses autorisées dans des compléments alimentaires (en Belgique : vitamine A : 1,2 mg (=7,2 mg de bêtacarotène) et vitamine E : 39 mg) et sont également plus élevées que l’apport maximal tolérable de l’EFSA.

Dans les groupes composés de gros fumeurs (plus de 20 cigarettes par jour), cette dose élevée de bêtacarotène augmentait le risque de cancer du poumon de 18 % après cinq à huit ans dans l’étude ATBC et de 28 % après quatre ans dans l’étude CARET.

L’une des explications possibles est que l’environnement oxydatif du poumon, provoqué par l’exposition à la fumée ou à l’amiante, donne lieu à des produits inhabituels de dégradation des caroténoïdes impliqués dans le développement de cancers (3).

Cependant, d’autres grandes études n’ont pas démontré ces effets : la Physicians’ Health Study a analysé l’effet d’une supplémentation en bêtacarotène (50 mg tous les deux jours) sur le risque de cancer chez plus de 22.000 médecins hommes aux USA dont 11 % étaient des fumeurs (4). Dans cette population, la supplémentation en bêtacarotène pendant plus de 12 ans n’était pas associée à un risque accru de cancer du poumon.  Plus récemment, la Women’s Health Study (WHS) réalisée sur presque 4000 femmes, dont 13 % de fumeuses, qui prenaient 50 mg de bêtacarotène par jour, n’a pas révélé de risque accru de cancer du poumon pendant l’intervention d’une durée de 2 ans et au cours des 2 années de suivi après l’étude (5).

En 2012, l’EFSA (l’Autorité européenne de Sécurité des Aliments) a conclu que des études épidémiologiques menées sur de gros fumeurs qui prenaient des compléments de 6 à 15 mg par jour pendant 5 à 7 ans n’avaient pas démontré d’augmentation des cas de cancer (6).  Une exposition au bêtacarotène par des additifs alimentaires ou des compléments alimentaires à des quantités inférieures à 15 mg/jour  ne suscite pas d’inquiétude quant aux effets négatifs dans la population générale, y compris chez les gros fumeurs.

Il est évident que le tabac est le principal facteur de risque du cancer du poumon.  Aucun micronutriment ne peut compenser de mauvaises habitudes.

Les études CARET et ATBC sont également parfois utilisées pour prétendre que les antioxydants ne jouent aucun rôle dans la protection contre le cancer.  Dans ce cas, il ne faut pas extrapoler non plus.  En revanche, la valeur d’antioxydants comme la vitamine A, la vitamine E, la vitamine C et les caroténoïdes dans des thérapies anticancer est de plus en plus souvent confirmée dans des cercles médicaux et scientifiques (7).  Il convient de faire davantage de recherches et d’exploration dans ce domaine.

Références

  1. The Alpha-Tocopherol, Beta Carotene Cancer Prevention Study Group. The effect of vitamin E and beta carotene on the incidence of lung cancer and other cancers in male smokers. N Engl J Med 1994; 330(15):1029–1035.
  2. Omenn GS, Goodman GE, Thornquist MD et al. Risk factors for lung cancer and for intervention effects in CARET, the Beta-Carotene and Retinol Efficacy Trial. J Natl Cancer Inst 1996; 88(21):1550–1559.
  3. Goralczyk R. Beta-Carotene and Lung Cancer in Smokers: Review of Hypotheses and Status of Research. Nutr Cancer 2009; 61(6):767-774.
  4. Hennekens CH, Buring JE, Manson JE et al. Lack of effect of long-term supplementation with beta carotene on the incidence of malignant neoplasms and cardiovascular disease. N Engl J Med 1996; 334(18):1145-1149.
  5. Lee I-M, Cook NR, Manson JE, Buring JE, Hennekens CH:  . J Natl Cancer Inst 1999; 91: 2102-2109.
  6. EFSA Groupe scientifique sur les additifs alimentaires et les sources de nutriments ajoutés aux aliments. Statement on the safety of beta-carotene use in heavy smokers. Journal EFSA 2012; 10(12):2953.
  7. Prasad KN, Kumar A, Kochupillai V, Cole WC (1999) High Doses of Multiple Antioxidant Vitamins: Essential Ingredients in Improving the Efficacy of Standard Cancer Therapy. J Am Coll Nutr 1999; 18(1):13-25.
Les multivitamines peuvent être dangereuses car un apport trop élevé en sélénium est toxique

Examen de l’allégation :

Doc S7/04/17

Notre conclusion

UNE EXAGÉRATION INUTILE

Tout comme pour tout composant de notre alimentation, un apport en excès est dangereux.  Des limites maximales claires sont fixées pour le sélénium.

Les compléments alimentaires qui sont commercialisés légalement en Belgique sont toujours dosés en toute sécurité, et c’est également le cas pour le sélénium.

Ceci n’empêche que des dosages corrects peuvent avoir des effets très favorables sur l’organisme.

L’EFSA (2006) a réalisé une évaluation détaillée.  Elle en est arrivée à la conclusion qu’une DSENO (dose sans effet nocif observé) de 850 microgrammes par jour est acceptable.  Cela signifie que, jusqu’à cette dose, on n’observe aucun effet négatif.

Compte tenu de l’apport via notre alimentation, l’EFSA a fixé un apport maximal de 300 microgrammes pour les adultes.  Il s’agit de la dose qui peut être utilisée sans danger dans les compléments alimentaires.

En Belgique, le législateur a décidé que le dosage maximum utilisable est de 105 microgrammes.  Il s’agit d’un apport considérablement plus faible, et donc une valeur absolument sans danger.  Aperçu :

Sélénium – valeurs en microgrammes par jour, pour les adultes

EFSA

BE CSS

DSENO

dose sans effet nocif observé

850

 

Apport

Évaluation de l’apport par l’alimentation

25-90

30-60

AM

Apport maximal

300

200

AA 

Apport adéquat

70

70

AJR (Directive européenne sur l’étiquetage)

Apport journalier recommandé

55

 

MAX (nouvel AR BE *)

Dosage maximal dans des compléments

 

105

                BE CSS : Conseil supérieur de la santé de Belgique

                *AR belge du 3 mars 1992 (modifié le 19/09/2017)

Le sélénium ne fait pas exception dans cette approche.  Le même raisonnement est adopté pour toutes les vitamines et tous les minéraux.  En effet, nous devons constater que tous les produits - sans exception, même l’eau - sont toxiques à partir d’une certaine dose dans notre alimentation.  Toutefois, pour le sélénium, la différence entre la valeur recommandée et la valeur maximale est plus réduite que pour la plupart des autres vitamines ou minéraux.

La citation de Paracelse “dosis sola facit venenum” (c’est dans la dose qu’est le poison) s’applique donc également à la perfection aux compléments alimentaires.  Ce n’est pas parce que des effets toxiques sont constatés à partir d’une certaine dose élevée que l’utilisation de doses plus faibles doit être évitée.  Au contraire, les bénéfices d’un apport adéquat en sélénium sont très importants et il est crucial d’éviter les carences.

Les multivitamines peuvent être dangereuses car l’apport en vitamine B6 présente des effets secondaires

Examen de l’allégation :

Doc S8/04/17

Notre conclusion

FAUX

Les compléments alimentaires qui sont commercialisés légalement en Belgique sont toujours dosés en toute sécurité, et c’est également le cas pour la vitamine B6.

Dans ce cadre, il s’agit de l’utilisation de la vitamine B6 sous la forme de pyridoxine HCl. Il ne s’agit pas de la forme active de la vitamine B6. Dans notre corps, cette forme n’a aucune fonction et elle doit être transformée en forme active, le pyridoxal-5’-phosphate. Malheureusement, cette transformation n’est pas toujours optimale chez tout le monde. En effet, cela dépend de l’enzyme ‘Pyridoxal kinase’. Dans certains cas, cette enzyme peut être déficiente (par exemple, chez les patients atteints de maladies hépatiques) ou elle peut s’exprimer moins pour d’autres raisons, par exemple par la prise de certains médicaments ou par d’autres éléments de l’alimentation comme la caféine.

Dans ces conditions, une consommation quotidienne prolongée d’un complément alimentaire avec un dosage élevé de vitamine B6 sous forme de pyridoxine HCl peut entraîner un surdosage en vitamine B6 avec, comme conséquence, une série de troubles.

Généralement, les troubles sont d’ordre neurologique et peuvent également se traduire par des effets sensoriels et moteurs indésirables (p.ex. picotements dans le bout des doigts).

Pour la majorité de ces troubles, il s’agit de dosages ‘médicamenteux’ de 100 milligrammes par jour ou plus. En Belgique, la dose maximale autorisée est de 6 mg par jour.  Chez certaines personnes, des symptômes peuvent également apparaître avec des dosages inférieurs à 100 mg par jour. Ces symptômes sont liés à la dose et sont réversibles. Dans la majorité des cas, les troubles disparaissent dès l’arrêt de la supplémentation en vitamine B6.

La prétendue toxicité de la vitamine B6 se manifeste donc uniquement en cas d’apport très élevé en vitamine B6 sous la forme de pyridoxine HCl. La forme biologiquement active de la vitamine B6, le pyridoxal-5’-phosphate, n’est associée à aucune toxicité (EFSA, 2008). Même en cas d’injection à des doses très élevées, cette forme de vitamine B6 n’entraîne aucune toxicité.

Références

Journal EFSA (2008) 760, 1-13: Opinion on Pyridoxal 5’-phosphate as a source for vitamin B6 added for nutritional purposes in food supplements.

Vitamine B6 (pyridoxine and pyridoxal 5 phosphate) – monograph. Altern Med Rev 2001; 6(1):87-92.

Un apport élevé en vitamine D entraîne des troubles neurologiques et peut s’avérer dangereux pour les bébés

Examen de l’allégation :

Doc S9/04/17

Notre conclusion

FAUX

La supplémentation en vitamine D à des doses normales, même chez les bébés et les enfants, est généralement considérée comme sans danger, bénéfique et recommandée. La dose dans un complément peut être de maximum 25 μg pour des enfants de moins de 11 ans.

Les compléments alimentaires qui sont commercialisés légalement en Belgique sont, par définition, absolument sans danger. 

La littérature scientifique ne fait pas mention de complications[SN4]  neurologiques et surtout pas aux doses habituellement utilisées dans les compléments alimentaires. Des prises quotidiennes plus élevées et sûres de vitamine D sont fixées par l’Autorité européenne de Sécurité des Aliments EFSA à 25 μg (1000 IU) par jour pour les nourrissons, à 50 μg (2000 IU) par jour pour les enfants âgés de 1 à 10 ans et à 100 μg (4000 IU) par jour pour les adolescents et les adultes (également pendant la grossesse et l’allaitement).

En janvier 2017, des informations absolument trompeuses sont néanmoins parues dans la presse lorsque, en décembre, l’administration du produit Uvesterol D en France avait entraîné le décès d’un bébé de 10 jours.  Ce produit est un médicament à base de vitamine D, sous forme liquide, que l’on administre au moyen d’une pipette. Toutefois, le décès n’avait pas été causé par la vitamine D (comme la presse l’a souvent indiqué à tort) mais par la forme d’administration très spécifique avec une pipette qu’il convient de qualifier de ‘dangereuse’.

En Belgique, la vitamine D est commercialisée sous forme de médicament et sous forme de compléments alimentaires Par ailleurs, il est spécifiquement recommandé de donner une supplémentation aux bébés et aux enfants :

  • Conclusion de Kind en Gezin : “Il est conseillé de donner chaque jour à tous les enfants 400 IU de vitamine D, dès la naissance et jusqu’à l’âge de 6 ans, tout au long de l’année, indépendamment du type de lait et de la supplémentation en vitamine D de la mère allaitante. » 400 IU correspondent à 10 μg.
  • Conclusion de l’ONE (Office de la Naissance et de l’Enfance) : « La consommation de calcium n’est pas suffisante et il faut ajouter des suppléments de vitamine D toute l’année chez les bébés (400 à 800 unités par jour). Pour les adolescents, 1.000 unités et pour les femmes enceintes et les femmes allaitantes également 1.000 unités par jour et durant les mois d’hiver pour toute personne qui n’est pas exposée suffisamment durant toute l’année » 400, 800 et 1000 IU correspondent respectivement à 10, 20 et 25 μg.
Une supplémentation en calcium entraîne des calculs rénaux et des troubles cardio-vasculaires

Examen de l’allégation :

Doc S10/04/17

Notre conclusion

FAUX

Il n’existe aucune base scientifique permettant d’affirmer qu’il existe un lien entre une supplémentation en calcium et des calculs rénaux ou un bénéfice ou risque cardio-vasculaire.

Les compléments alimentaires qui sont commercialisés légalement en Belgique sont toujours dosés en toute sécurité, et c’est également le cas pour le calcium.

Les bénéfices et les risques d’une supplémentation en calcium ont été analysés soigneusement et largement et publiés sous la forme de ‘Consensus Paper’ par le Belgian Bone Club.  Les auteurs ont évalué toutes les études et publications disponibles et ont tenu compte de tous les effets positifs et négatifs signalés.  Leurs conclusions : Il n’existe aucune preuve permettant de confirmer un lien entre une supplémentation ‘normale’ en calcium et un bénéfice ou un risque cardio-vasculaire ; de même, aucun lien n’est établi entre une supplémentation en calcium et des calculs rénaux (Body et al, 2012).

Cette opinion est confirmée par l’EFSA dans son rapport d’évaluation de 2012 : « Le panel considère qu’aucun lien n’a été établi entre un apport prolongé en calcium provenant de l’alimentation et de compléments et un risque accru de néphrolithiase, de maladies cardio-vasculaires ou de cancer de la prostate ».

Une supplémentation et un enrichissement de denrées alimentaires en vitamine D et en calcium permettent, chaque année, de prévenir 200.000 fractures, ce qui revient à une économie de presque 4 milliards d’euros. Chaque euro dépensé en compléments alimentaires et en denrées alimentaires enrichies permet d’économiser 3,47 €. Les nutriments comme la vitamine D et le calcium ne sont donc pas seulement essentiels pour l’organisme mais aussi pour les économies en matière de soins de santé (Frost & Sullivan Report, 2017).

Dans un Document de Consensus, le Belgian Bone Club recommande une supplémentation en calcium et en vitamine D pour toutes les femmes post-ménopausées et conclut : “…Le calcium et la vitamine D doivent être les médicaments de première intention pour la prévention et le traitement de l’ostéoporose” (Boonen et al, 2005).

Références

Body JJ, Bergmann P, Boonen S, Devogelaer JP, Gielen E, Goemaere S, Kaufman JM, Rozenberg S, Reginster JY. Extraskeletal benefits and risks of calcium, Vitamin D and anti-osteoporosis medications. Osteoporosis International 23 Supplement 1: S1-S23, 2012.

Boonen S, Body JJ, Boutsen Y, Devogelaer JP, Goemaere S, Kaufman JM, Rozenberg S, Reginster JY. Evidence-based guidelines for the treatment of postmenopausal osteoporosis. Osteoporosis International 16: 239-254, 2005.

EFSA Scientific Opinion on the Tolerable Upper Intake Level of Calcium, EFSA Journal 2012; 10(7):2814.

Vous ne pouvez pas prendre plus d’une fois la dose quotidienne recommandée d’une vitamine ou d’un minéral car c’est dangereux

Examen de l’allégation :

Doc S11/04/17

Notre conclusion

FAUX

Presque toutes les vitamines et tous les minéraux peuvent parfaitement être pris à des doses supérieures aux doses recommandées.

Les compléments alimentaires qui sont commercialisés légalement en Belgique sont toujours dosés en toute sécurité.

Les dosages maximum autorisés dans les compléments alimentaires ne font pas encore l’objet d’une harmonisation au niveau européen.  À cet égard, la législation belge est actuellement en cours de révision  Les valeurs reprises dans cette révision sont en moyenne inférieures à celles autorisées dans les autres pays et parfois également inférieures aux avis avancés par l’EFSA.  Voilà pourquoi la législation belge peut être qualifiée de ‘stricte’.

L’allégation ci-dessus s’applique uniquement à l’acide nicotinique, au fluor et au manganèse. Pour tous les autres composants, des doses journalières 2 fois supérieures ou plus à la dose journalière recommandée sont sans danger et autorisées dans des compléments alimentaires (Tableau 1 et 2). D’ailleurs, pour le nicotinamide et le manganèse, l’EFSA et de nombreux autres pays autorisent des doses bien supérieures à celles autorisées en Belgique (Tableau 3).

Tableau 1.  Doses sans danger pour

Les Vitamines par rapport à

UE

Autorisé en BE = sans danger

l’AJR figurant sur l’étiquette

AJR

 

% de l’AJR

Vitamine A

rétinol

mcg

800

1200

150%

Vitamine B1

Thiamine

mg

1,1

SLD

SLD

Vitamine B12

cobalamine

mcg

2,5

SLD

SLD

Vitamine B2

riboflavine

mg

1,4

SLD

SLD

Vitamine B3

acide nicotinique

mg

16

10

63%

Vitamine B3

nicotinamide

mg

16

54

338%

Vitamine B5

acide pantothénique

mg

6

SLD

SLD

Vitamine B6

pyridoxine

mg

1,4

6

429%

Vitamine B8

Vit H/biotine

mcg

50

SLD

SLD

Vitamine B9

acide folique

mcg

200

500

250%

Vitamine C

acide ascorbique

mg

80

1000

1250%

Vitamine D

 cholécalciférol

mcg

5

75

1500%

Vitamine E

tocophérol

mg

12

39

325%

Vitamine K1

phylloquinone

mcg

75

210

280%

Tableau 1.

         

 

Tableau 2.  Doses sûres pour les minéraux par rapport à l’AJR figurant sur l’étiquette

UE

AJR

Autorisé en BE = sans danger

% de l’AJR

bore

mg

NP

3

NP

calcium

mg

800

1600

200%

chlorure

mg

800

SLD

SLD

chrome

mcg

40

187,5

469%

fluorure

mg

3,5

1,7

49%

phosphore

mg

700

1600

229%

fer

mg

14

45

321%

iode

mcg

150

225

150%

potassium

mg

2000

6000

300%

cuivre

mg

1

2

200%

magnésium

mg

375

450

120%

manganèse

mg

2

1

50%

molybdène

mcg

50

225

450%

sélénium

mcg

55

105

191%

silicium

mg

NP

NP

NP

zinc

mcg

10

22,5

225%

UE AJR = Apport journalier recommandé ou Apport de Référence, comme le stipule la Directive UE 1169/2011.  Ces valeurs sont également utilisées pour l’étiquetage des denrées alimentaires.

BE autorisé = limites maximales autorisées dans des compléments alimentaires, conformément à la mise à jour de 2017 (en préparation) de l’AR relatif aux valeurs maximales.

SLD = sans limite définie

NP = non précisé

 

BE

ITA

LUX

NED

UK

 

BE

ITA

LUX

NED

UK

Mn

1 mg

10 mg

3 mg

Pas de limite

Pas de limite

Vit B3 (toutes les formes)

10/54 mg

54 mg

48 mg

Pas de limite

Pas de limite

Tableau 3.  Limites maximales autorisées dans des compléments alimentaires dans

quelques pays de l’UE pour le manganèse et la vitamine B3.

Les compléments alimentaires peuvent être dangereux car ils peuvent avoir des effets secondaires indésirables

Examen de l’allégation :

Doc S12/04/17

Notre conclusion

DÉNUÉE DE PERTINENCE, une allégation inutile

Les compléments alimentaires qui sont commercialisés légalement en Belgique sont, par définition, absolument sans danger et leurs effets secondaires sont inoffensifs.

Bien sûr, des compléments, tout comme n’importe quelle denrée alimentaire, peuvent provoquer chez certaines personnes des réactions allergiques.  Pour limiter ce risque au minimum, des indications claires et des avertissements figurent sur l’emballage.

Les compléments alimentaires sont formulés sur base du principe qu’ils doivent être absolument sans danger. Ce principe n’est pas le même que celui appliqué pour les médicaments, pour lesquels les effets secondaires et les bénéfices pour la santé doivent être soupesés.

Dans ce cadre, le législateur apportera également sa contribution par une réglementation adaptée et stricte sur les teneurs maximales de vitamines ou de minéraux, de préparations de plantes autorisées ou de restrictions concernant de nouvelles denrées alimentaires. Quant aux additifs qui peuvent être utilisés, ils sont également bien délimités. Une partie de la législation est formulée à l’échelle européenne (cf. EFSA), tandis que des limites nationales sont imposées pour d’autres domaines, sur base d’opinions de comités d’experts. Mais toujours suivant le principe : la sécurité d’abord !

Une intoxication aiguë aux compléments alimentaires est extrêmement rare (cf. rapport du Centre Antipoisons), même lors de la prise de plusieurs fois le dosage quotidien proposé.

Évidemment, des compléments alimentaires, tout comme n’importe quelle denrée alimentaire ou substance chimique, peuvent provoquer, chez certaines personnes, des réactions allergiques ou des intolérances.  Nous avons par exemple les allergènes connus comme le soja ou le lait, mais il existe également des allergies moins courantes comme l’allergie à certains conservateurs (p.ex. benzoates) ou à des préparations de plantes comme les protéines de pois… Un étiquetage clair, comme l’oblige le “règlement concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires” (RÈGLEMENT (UE) N° 1169/2011) peut y contribuer largement. Il est d’ailleurs essentiel que tant les patients que les prescripteurs respectent les posologies proposées figurant sur l’emballage.

Toute entreprise doit également, dans le cadre de son système de qualité, enregistrer les plaintes, et ce afin de mieux identifier les effets secondaires ou sensibilités rares et peu fréquentes. Les interactions rares avec des médicaments peuvent également y être signalées (cf. listes CBIP). Naredi recommande donc également à ses membres d’évaluer en profondeur toutes les plaintes signalées concernant des effets sur la santé, des effets secondaires ou des effets indésirables. Dans certains pays, il existe également un système de notification pour les effets secondaires. Il existe un système très développé en France (ANSES –Nutrivigilance) et aux USA (FDA “dietary supplements – adverse event reporting).

En Belgique, il existe également un ‘Point de contact’ et une ‘Notification obligatoire’ des risques éventuels pour la santé : L’AR 12/12/2003 art 8 stipule : « Tout exploitant informe immédiatement l’Agence s’il considère ou s’il a des raisons de penser qu’un produit qu’il a importé, produit, cultivé, élevé, transformé, fabriqué ou distribué peut être préjudiciable à la santé humaine, animale ou végétale ».  Dans ce texte, ‘l’Agence’ fait référence à l’AFSCA (www.favv.be).

En tout cas, à l’analyse des plaintes déposées dans ces pays, il est étonnant de constater qu’il n’y a en fait que très peu de plaintes (par rapport à la consommation totale) et que ces plaintes concernent rarement, voire jamais des cas qui engagent le pronostic vital. 

Il peut y avoir des interactions dangereuses entre les vitamines, les minéraux et les médicaments

Examen de l’allégation :

Doc S13/04/17

Notre conclusion

FAUX

Bien que l’on connaisse des interactions entre des vitamines et des minéraux et des médicaments, celles-ci ne sont jamais ‘dangereuses’ aux doses autorisées dans les compléments alimentaires.

Les compléments alimentaires qui sont commercialisés légalement en Belgique sont toujours dosés en toute sécurité.

Des interactions entre des aliments/compléments alimentaires et des médicaments (sur prescription et OTC) se produisent dans les deux sens : la prise de certains médicaments peut avoir un effet négatif sur le statut nutritionnel et l’utilisation de certains compléments peut avoir un impact sur l’absorption/la métabolisation/l’excrétion de médicaments.

Voici quelques exemples connus de déplétion nutritionnelle d’origine médicamenteuse (voir également Doc. D4):
- les statines (médicaments anticholestérol) peuvent provoquer une forte baisse des taux de coenzyme Q10 dans l’organisme
- les diurétiques peuvent provoquer une hypokaliémie
- les médicaments antiacide peuvent provoquer des carences en vitamine B12, en calcium, en magnésium et autres nutriments
- les antiépileptiques peuvent entraîner une carence en vitamine D

Les compléments alimentaires à base de vitamines ou de minéraux peuvent augmenter ou réduire l’efficacité de certains médicaments.  C’est notamment le cas pour les interactions bien connues entre la vitamine K et les anticoagulants, et certains extraits de plantes et les anticoagulants.  Cependant, aucune de ces interactions ne peut être considérée comme ‘dangereuse’ lorsque l’on applique des dosages ‘sûrs’.  Par ailleurs, des avertissements figurent sur l’emballage de nombreux compléments alimentaires afin que le consommateur puisse lui-même limiter le risque.
 

Lors de l’utilisation simultanée de compléments alimentaires et de médicaments, et surtout en cas d’utilisation de médicaments à marge thérapeutique étroite ou d’intervention chirurgicale, Naredi vous recommande de vous entretenir avec votre médecin ou votre professionnel de la santé.
 

Les multivitamines peuvent être dangereuses pour certains groupes vulnérables comme les enfants, les femmes enceintes, les malades et les personnes âgées

Examen de l’allégation :

Doc S14/04/17

Notre conclusion

FAUX

Les risques liés à la prise, par des personnes en bonne santé, de compléments alimentaires sont négligeables.  Les compléments alimentaires qui sont commercialisés légalement en Belgique sont toujours dosés en toute sécurité.

Les risques liés à la prise, par des personnes en bonne santé, de multivitamines sont négligeables.Il en va donc en principe également de même pour les enfants, les femmes et les personnes âgées en bonne santé.En revanche, il est préférable que les personnes malades, les personnes âgées sous traitement médicamenteux et les femmes enceintes prennent ces compléments sous surveillance médicale.

Les experts déconseillent de prendre des compléments à base de fer ou de cuivre si aucune carence n’a été établie.

C’est pourquoi Naredi se range derrière l’avis de nombreux experts en la matière, que nous pouvons résumer par les  propos d’Elisabeth Ward : “(...) Multivitamin supplements are generally well tolerated and do not appear to increase the risk of mortality, cerebrovascular disease, of heart failure (NdT : les multivitamines sont généralement bien tolérées et ne semblent pas augmenter le risque de mortalité, de maladies cérébrovasculaires ou d’insuffisance cardiaque).  The potential benefits of Multivitamin supplements likely outweigh any risk in the general population and may be particularly beneficial for older people” (NdT : les bénéfices potentiels des multivitamines dépassent probablement tout risque dans la population générale et peuvent être bénéfiques, en particulier pour les personnes âgées)  (Ward E, Nutrition Journal 2014, 13:72)

Vous pouvez prendre des multivitamines chaque jour

Examen de l’allégation :

Doc S15/04/17

Notre conclusion

VRAI

Les compléments alimentaires qui sont commercialisés légalement en Belgique sont, par définition, absolument sans danger. 

Ils peuvent donc être consommés sans crainte chaque jour par toute personne en bonne santé.

Les compléments alimentaires commercialisés en Europe doivent satisfaire à toutes les règles européennes.  Les compléments alimentaires proposés par des entreprises belges doivent en outre satisfaire à la législation belge (plus stricte).  Ces produits sont notifiés aux autorités belges et reçoivent un numéro NUT.  Les produits qui ne sont pas conformes à la législation n’obtiennent pas ce numéro.  Presque tous les fabricants mentionnent clairement ce numéro sur l’emballage.

Cela signifie que tant le type de vitamines et de minéraux utilisés que leurs quantités consommées chaque jour remplissent les exigences les plus strictes en matière de sécurité, telles que définies par les instances belges et européennes.

Lors de l’établissement de limites maximales, il est tenu compte de l’apport éventuel de vitamines et de minéraux par l’alimentation.  Ces limites tiennent compte d’une prise chronique journalière de compléments.

Évidemment, ceci ne veut pas dire que les multivitamines peuvent remplacer une alimentation saine et équilibrée.  Elles ne font que la compléter.

Par ailleurs, en cas de maladie, de traitement médicamenteux, de grossesse, etc., il est opportun de consulter votre médecin ou un professionnel de la santé concernant la prise de compléments alimentaires.

Regulatory

Les compléments alimentaires ne sont pas réglementés, tout est possible et tout est autorisé

Examen de l’allégation :

Doc R1/04/17

Notre conclusion

FAUX

Les compléments alimentaires satisfont à des lois et des règles strictes.  Les fabricants de denrées alimentaires doivent respecter des règles et des législations strictes et ils sont soumis à des contrôles rigoureux en la matière.

Les allégations relatives à l’efficacité de compléments alimentaires doivent satisfaire à des règles et des législations strictes. 

Aujourd’hui, nous comptons plus de 50 lois et réglementations applicables.

Il existe des dizaines de réglementations et de lois qui contrôlent la commercialisation des compléments alimentaires.Font l’objet d’une réglementation stricte :

  • Les vitamines, minéraux, additifs et plantes qui peuvent être utilisés et leurs limites maximales (liste positive : les autres ne sont pas autorisés)
  • La façon dont l’étiquetage des produits doit se présenter, y compris les mentions et avertissements obligatoires
  • Les allégations de santé qui peuvent être utilisées (liste positive : les autres ne sont pas autorisées)
  • Les exigences de qualité auxquelles les fabricants et les distributeurs doivent satisfaire
  • Les tolérances autorisées sur les limites appliquées
  • Les cas dans lesquels des anomalies doivent être signalées aux instances officielles (notification obligatoire)
  • Bien d’autres comme : Qualité de l’eau, additifs alimentaires, enzymes et arômes, conservation et traitement de denrées alimentaires, intolérance, dates limites de conservation, matériaux destinés à entrer en contact avec des denrées alimentaires, résidus et contaminants, OGM, nanoparticules, etc.

Voici un aperçu de cette législation.

  • Les vitamines, minéraux, plantes et autres substances qui peuvent être utilisés et leurs limites maximales (liste positive : les autres ne sont pas autorisés)

URL : http://eur-lex.europa.eu/legal-content/NL/TXT/?qid=1490963355697&uri=LEGISSUM%3Al21102

QUELS INGRÉDIENTS et les LIMITES MAXIMALES

AR du 3 mars 1992

concernant la mise dans le commerce de nutriments et de denrées alimentaires auxquelles des nutriments ont été ajoutés.

  • Commercialisation de nutriments, vitamines et minéraux autorisés et leur dosage, substances interdites, apports journaliers recommandés, notification

AR du 29 août 1997

relatif à la fabrication et au commerce de denrées alimentaires composées ou contenant des plantes ou préparations de plantes

  • Utilisation de plantes et de préparations de plantes, substances interdites, limites maximales, notification

Directive Cadre 2002/46/CE

du Parlement européen relative au rapprochement des législations des États membres concernant les compléments alimentaires

  • CA : définition et substances autorisées

AR du 21 mai 2003

déterminant les formes chimiques et les critères de pureté pour les nutriments qui peuvent être utilisés pour des compléments alimentaires

  • formes chimiques autorisées de vitamines et de minéraux, critères de pureté, notification

Règlement (CE) n° 1925/2006

concernant l'adjonction de vitamines, de minéraux et de certaines autres substances aux denrées alimentaires

AR du 12 février 2009

relatif à la fabrication et au commerce de compléments alimentaires contenant d’autres substances que des nutriments et des plantes ou des préparations de plantes

  • CA à base d’autres substances

AM du 19 février 2009

relatif à la fabrication et au commerce de compléments alimentaires contenant d’autres substances que des nutriments et des plantes ou des préparations de plantes

Règlement (CE) n° 1170/2009

de la Commission du 30 novembre 2009 modifiant la Directive 2002/46/CE du Parlement européen et du Conseil et le Règlement (CE) n° 1925/2006 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne la liste des vitamines et minéraux et celle de leurs formes, qui peuvent être ajoutés aux denrées alimentaires, y compris les compléments alimentaires

  • Adaptations aux précédentes législations

Directive 2009/32/CEE

du Parlement européen et du Conseil du 23 avril 2009 relative au rapprochement des législations des États membres concernant les solvants d'extraction utilisés dans la fabrication des denrées alimentaires et de leurs ingrédients

Circulaire de l’AFSCA du 17 mai 2010

concernant l’utilisation de la levure rouge de riz

AR du 19 mars 2012

modifiant l’arrêté royal du 29 août 1997 relatif à la fabrication et au commerce de denrées alimentaires composées ou contenant des plantes ou préparations de plantes

Règlement d’exécution (UE) n° 489/2012

établissant des modalités d’exécution pour la mise en œuvre de l’article 16 du Règlement (CE) n° 1925/2006 du Parlement européen et du Conseil concernant l’adjonction de vitamines, de minéraux et de certaines autres substances aux denrées alimentaires

Ligne directrice de la Commission Mixte (2012)

relative à la classification des « fleurs de Bach » – choix du statut des élixirs floraux

Circulaire de l’AFSCA du 9 août 2012

relative aux valeurs AJR

AR du 24 avril 2014

modifiant l'arrêté royal du 3 mars 1992 concernant la mise dans le commerce de nutriments et de denrées alimentaires auxquelles des nutriments ont été ajoutés, l'arrêté royal du 29 août 1997 relatif à la fabrication et au commerce de denrées alimentaires composées ou contenant des plantes ou préparations de plantes et l'arrêté royal du 12 février 2009 relatif à la fabrication et au commerce de compléments alimentaires contenant d'autres substances que des nutriments et des plantes ou des préparations de plantes

Règlement (UE) 2015/2283

relatif aux nouveaux aliments, modifiant le règlement (UE) n° 1169/2011 du Parlement européen et du Conseil et abrogeant le règlement (CE) n° 258/97 du Parlement européen et du Conseil et le Règlement (CE) n° 1852/2001 de la Commission 

  • Nouveaux aliments et procédures d’autorisation – nouveau texte en vigueur (ancien : Règlement 258/97)

Ligne conductrice de la Commission Mixte (2016)

Concernant les produits contenant de la levure de riz rouge (teneurs maximales et avertissements)

Ligne conductrice de la Commission Mixte (2016)

Concernant la substance 1,3-diméthylamylamine (DMAA).

Liste des plantes

pour lesquelles la Commission d’avis des préparations de plantes a rendu un avis http://www.health.fgov.be/

AR Plantes du 24/01/2017

Liste des plantes et des champignons autorisés et interdits  (MB 10/2/2017)

AR du 31 octobre 2017 concernant la mise dans le commerce de nutriments et de denrées alimentaires auxquels des nutriments ont été ajoutés.
  • La façon dont l’étiquetage des produits doit se présenter, y compris les mentions et avertissements obligatoires

ÉTIQUETAGE

AR du 10 septembre 2009

modifiant l’arrêté royal du 8 janvier 1992 concernant l’étiquetage nutritionnel des denrées alimentaires

Règlement (UE) n° 1169/2011

du Parlement européen et du conseil du 25 octobre 2011 concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires, modifiant les règlements (CE) n° 1924/2006 et (CE) n° 1925/2006 du Parlement européen et du Conseil et abrogeant la Directive 87/250/CEE de la Commission, la Directive 90/496/CEE du Conseil, la Directive 1999/10/CE de la Commission, la Directive 2000/13/CE du Parlement européen et du Conseil, les Directives 2002/67/CE et 2008/5/CE de la Commission et le Règlement (CE) n° 608/2004 de la Commission (Étiquetage et information pour le consommateur : FIC INCO pour B2C et HCP).

AR du 29 mars 2012

modifiant l’arrêté royal du 17 avril 1980 concernant la publicité pour les denrées alimentaires

Règlement (UE) n° 907/2013

de la commission du 20 septembre 2013 fixant les règles applicables aux demandes concernant l’utilisation de descripteurs génériques (dénominations)

  • Les allégations de santé qui peuvent être utilisées (liste positive : les autres ne sont pas autorisées)

ALLÉGATIONS DE SANTÉ

Règlement (CE) n° 1924/2006

concernant les allégations nutritionnelles et de santé portant sur les denrées alimentaires

Règlement (UE) n° 432/2012

établissant une liste des allégations de santé autorisées portant sur les denrées alimentaires, autres que celles faisant référence à la réduction du risque de maladie ainsi qu’au développement et à la santé infantiles

2013/63/UE : Décision d’exécution

portant adoption d’orientations aux fins de l’application des conditions spécifiques concernant les allégations de santé énoncées à l’article 10 du Règlement (CE) n° 1924/2006 du Parlement européen et du Conseil

Règlement (UE) n° 907/2013

fixant les règles applicables aux demandes concernant l’utilisation de descripteurs génériques (dénominations)

Circulaire de l’AFSCA du mercredi 26 septembre 2012

relative aux allégations portant sur les denrées alimentaires

Ligne indicative de la Commission Mixte (2014)

d'allégations considérées comme ne décrivant pas des propriétés curatives ou préventives

  • Les exigences de qualité auxquelles les fabricants et les distributeurs doivent satisfaire

QUALITÉ

AR du 7 janvier 2014

modifiant l’arrêté royal du 6 juin 1997 relatif aux teneurs maximales pour certains contaminants dans les denrées alimentaires et modifiant l’arrêté royal du 14 juin 2002 fixant des teneurs maximales en contaminants comme les métaux lourds dans les suppléments alimentaires

Règlement (UE) n° 119/2014

modifiant la Directive 2002/46/CE du Parlement européen et du Conseil ainsi que le Règlement (CE) n° 1925/2006 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne la levure enrichie en chrome utilisée dans la fabrication de suppléments alimentaires et le lactate de chrome (III) trihydraté ajouté aux denrées alimentaires

Avis du 28 mars 2014

relatif à l'attribution d'analyses et l'acceptation de résultats de laboratoires. - Exécution de l’arrêté royal du 3 août 2012 relatif à l’agrément des laboratoires qui effectuent des analyses en rapport avec la sécurité de la chaîne alimentaire

  • Les tolérances autorisées sur les limites appliquées

TOLÉRANCES

Circulaire de l’AFSCA du mardi 2 septembre 2014

Relative aux valeurs de tolérance pour les teneurs en vitamines et minéraux étiquetées sur les compléments alimentaires

  • Les cas dans lesquels des anomalies doivent être signalées aux instances officielles (notification obligatoire)

ANOMALIES

AR du 14 novembre 2003

relatif à l’autocontrôle, à la notification obligatoire et à la traçabilité dans la chaîne alimentaire – obligatoire pour tous les opérateurs

AM du 22 janvier 2004

relatif aux modalités de notification obligatoire dans la chaîne alimentaire

  • Réglementation générale en matière d’hygiène alimentaire et de sécurité alimentaire

URL : http://eur-lex.europa.eu/summary/chapter/food_safety/3002.html?root=3002&locale=fr

SÉCURITÉ

Règlement (CE) n° 852/2004

relatif à l’hygiène des denrées alimentaires

AR du 26 mai 2011

modifiant l’arrêté royal du 14 novembre 2003 relatif à l'autocontrôle, à la notification obligatoire et à la traçabilité dans la chaîne alimentaire

AR du 3 février 2012

modifiant l’arrêté royal du 22 décembre 2005 relatif à l’hygiène des denrées alimentaires en ce qui concerne le certificat médical

AR du 20 septembre 2012

relatif au prélèvement et à l’analyse d’échantillons, visés à l’article 3, § 5, de l’arrêté royal du 22 février 2001 organisant les contrôles effectués par l’Agence fédérale pour la Sécurité de la Chaîne alimentaire et modifiant diverses dispositions légales

Guide sectoriel Autocontrôle

‘Good Manufacturing Practice’ pour les fabricants de compléments alimentaires sur base des principes HACCP et de l’Autocontrôle.

Nous renvoyons également aux différentes réglementations concernant notamment

  • Qualité de l’eau
  • Additifs alimentaires
  • Enzymes
  • arômes
  • Conservation et traitement de denrées alimentaires,
  • Intolérance
  • Dates limites de conservation
  • Matériaux destinés à entrer en contact avec des denrées alimentaires
  • Résidus et contaminants
  • OGM
  • nanoparticules
  • publicité mensongère
  • etc.
On peut avancer n’importe quelle allégation sur les vitamines et minéraux

Examen de l’allégation :

Doc R2/04/17

Notre conclusion

FAUX

Les allégations relatives à la présence et aux effets des vitamines et des minéraux doivent satisfaire à des règles européennes strictes.

Les ‘allégations dites de santé’ sont strictement réglementées : seules les allégations approuvées par l’EFSA peuvent être utilisées.

Les compléments alimentaires commercialisés en Europe doivent satisfaire à toutes les règles européennes.  Ci-dessous, un tableau avec la plupart des règles en la matière.

Les allégations évaluées, autorisées et non autorisées par l’EFSA sont visibles pour tous sur : http://ec.europa.eu/food/safety/labelling_nutrition/claims/register/public/?event=register.home

En avril 2017, 259 allégations de santé ont été approuvées sur les 2310 demandes introduites.

Réglementation sur les allégations de santé

Règlement (CE) n° 1924/2006

concernant les allégations nutritionnelles et de santé portant sur les denrées alimentaires

Règlement (UE) n° 432/2012

établissant une liste des allégations de santé autorisées portant sur les denrées alimentaires, autres que celles faisant référence à la réduction du risque de maladie ainsi qu’au développement et à la santé infantiles

2013/63/UE : Décision d’exécution

portant adoption d’orientations aux fins de l’application des conditions spécifiques concernant les allégations de santé énoncées à l’article 10 du Règlement (CE) n° 1924/2006 du Parlement européen et du Conseil

Règlement (UE) n° 907/2013

fixant les règles applicables aux demandes concernant l’utilisation de descripteurs génériques (dénominations)

Circulaire de l’AFSCA du mercredi 26 septembre 2012

relative aux allégations portant sur les denrées alimentaires

Ligne indicative de la Commission Mixte (2014)

d'allégations considérées comme ne décrivant pas des propriétés curatives ou préventives

Une série d’allégations n’ont pas encore été évaluées définitivement par l’EFSA.  Ces allégations sont ‘en attente’ et peuvent entre-temps être utilisées jusqu’à l’obtention d’une évaluation définitive.  Il s’agit ici d’allégations relatives aux substances végétales : des composants à base de plantes.  À cet effet, la méthode d’évaluation n’a pas encore été fixée définitivement (statut mai 2017). 

Contrairement aux médicaments, les compléments alimentaires ne sont contrôlés par aucun organisme

Examen de l’allégation :

Doc R3/04/17

Notre conclusion

FAUX

Les compléments alimentaires qui sont commercialisés légalement en Belgique sont notifiés aux Autorités belges et y sont contrôlés sur leur composition et leur emballage.

La sécurité, la commercialisation et la production de compléments alimentaires sont en outre contrôlées par des instances officielles dont essentiellement l’AFSCA et l’AFMPS.

En matière de ‘contrôle’, les instances et organisations suivantes sont actives en Belgique : 

AFSCA : Agence fédérale pour la Sécurité de la Chaîne alimentaire.  Voir www.favv-afsca.be.

Contrôle l’ensemble de la chaîne alimentaire : des entreprises de production au point de vente.  Réalise des inspections dans les entreprises et les points de vente.  Répond aux plaintes de particuliers et de professionnels.  Approuve des entreprises pour la production de compléments alimentaires et contrôle le respect des différentes lois et règles (voir Doc R1).  Gère les informations obtenues par la Notification obligatoire.

Nous voulons également signaler que des contrôles de l’AFSCA en 2016 ont révélé que tant les compléments alimentaires que leurs fabricants satisfont aux exigences de qualité les plus élevées.  En effet, 99 % des compléments alimentaires contrôlés par l’AFSCA répondent scrupuleusement aux exigences de qualité et d’hygiène imposées par l’Agence (98,4 % en 2015). Sur un total de 953 analyses chimiques, 943 se sont avérées conformes aux exigences imposées. En ce qui concerne les opérateurs contrôlés par l’AFSCA, 94 % d’entre eux ont obtenu une évaluation positive, à savoir 124 inspections sur un total de 132 inspections (87 % en 2015).SPF Santé publique – DG4: voir

https://www.belgium.be/nl/contactinfo_en_sites/federale_instellingen/fod_volksgezondheid-dg_dier_plant_en_voeding-dienst_dierenwelzijn_en_cites

Contrôle tous les compléments alimentaires notifiés avant leur commercialisation.  Attribue le numéro NUT.

AFMPS : Agence fédérale des Médicaments et des Produits de Santé  Voir www.fagg-afmps.be

                Contrôle la vente de compléments alimentaires dans les pharmacies.

Commission mixte (commission zone grise) : rend un avis en cas de doute sur le statut de compléments alimentaires ou de médicaments.

Différentes sociétés d’audit indépendantes

Elles contrôlent la bonne exécution des législations, des normes, des directives et elles certifient des entreprises, par exemple pour ISO, GMP (Good Manufacturing Practice), l’Autocontrôle, la production biologique, etc.

En Belgique, il existe également un ‘Point de contact’ et une ‘Notification obligatoire’ des risques éventuels pour la santé : L’AR 12/12/2003 art 8 stipule : « Tout exploitant informe immédiatement l’Agence s’il considère ou s’il a des raisons de penser qu’un produit qu’il a importé, produit, cultivé, élevé, transformé, fabriqué ou distribué peut être préjudiciable à la santé humaine, animale ou végétale ».  Dans ce texte, ‘l’Agence’ fait référence à l’AFSCA susmentionnée.

Les compléments alimentaires ne sont pas des médicaments

Examen de l’allégation :

Doc R4/04/17

Notre conclusion

VRAI

Les médicaments et les compléments alimentaires sont séparés par des définitions par les législations européennes.

Tant les médicaments que les compléments alimentaires peuvent avoir des effets sur la santé.

Voici la définition officielle belge des compléments alimentaires (AR 12-2-2009):

« Compléments alimentaires : les denrées alimentaires prédosées dont le but est de compléter le régime alimentaire normal et qui sont constituées d'un ou plusieurs nutriments, plantes, préparations de plantes ou autres substances ayant un effet nutritionnel ou physiologique ».

Ce domaine est toutefois limité par la définition de ‘médicament’ qui a la priorité sur la définition précédente (AR 25 mars 1964) :

« Médicament à usage humain : toute substance ou composition présentée comme possédant des propriétés curatives ou préventives à l'égard des maladies humaines ; ou toute substance ou composition pouvant être utilisée chez l'homme ou pouvant lui être administrée en vue soit de restaurer, de corriger ou de modifier des fonctions physiologiques en exerçant une action pharmacologique, immunologique ou métabolique, soit d'établir un diagnostic médical».

Le facteur décisif consiste donc souvent à déterminer si le produit a un ‘effet nutritionnel ou physiologique’.  Si oui, le produit peut être défini comme complément.

Par exemple, un ‘sommeil de qualité’ (mélatonine), une ‘réduction du cholestérol’ (levure de riz rouge), ‘le soutien de l’activité hépatique’ ont été qualifiés de ‘fonctions physiologiques’ par l’EFSA (European Food Safety Authority)

Une jurisprudence européenne a également démontré que le fait qu’un produit possède une action curative ne doit pas automatiquement donner lieu à sa classification dans la catégorie ‘médicament’ (voir entre autres l’affaire C-319/05 - Préparation d'ail sous la forme de gélules).

En Belgique, les cas litigieux sont tranchés par la Commission mixte. En pratique, il existe des dizaines de produits qui sont commercialisés en tant que médicament ou en tant que complément : pensons par exemple à la vitamine D, à la mélisse, à Saccharomyces boulardii, à la mélatonine,…

Par conséquent, il est tout à fait possible qu’une allégation de santé soit avancée pour un complément alimentaire – cependant, cette allégation requiert une autorisation par la Commission européenne, sur l’avis de l’EFSA.

Efficacy

Les multivitamines n’agissent pas

Examen de l’allégation :

Doc E1/04/17

Notre conclusion

FAUX

Les compléments alimentaires à base de vitamines et de minéraux tiennent leurs promesses : Ils évitent les carences et soutiennent la santé.

Plus de 250 allégations approuvées par l’EFSA peuvent être utilisées : leur efficacité est scientifiquement prouvée.

Les compléments alimentaires commercialisés en Europe doivent satisfaire à toutes les règles européennes. 

Voici la définition officielle belge des compléments alimentaires (AR 12-2-2009):

« Compléments alimentaires : les denrées alimentaires prédosées dont le but est de compléter le régime alimentaire normal et qui sont constituées d'un ou plusieurs nutriments, plantes, préparations de plantes ou autres substances ayant un effet nutritionnel ou physiologique (…). »

  1. Un effet nutritionnel : réduire les carences, atteindre des taux sanguins normaux.
    • Il ne fait aucun doute qu’une bonne utilisation de compléments alimentaires peut améliorer de manière substantielle le statut micronutritionnel.  La preuve en est apportée chaque jour par des millions d’utilisateurs satisfaits, suivis par des médecins et des spécialistes au moyen d’analyses de sang détaillées.
    • Le degré d’efficacité d’un complément pour l’obtention de l’amélioration souhaitée peut dépendre de la forme chimique de la vitamine ou du minéral.  En effet, certaines formes sont plus facilement absorbées dans l’organisme que d’autres.  Et ceci varie également d’une personne à l’autre.
    • Éviter des carences nutritionnelles en vitamines permet d’éviter des maladies graves.  Pensons par exemple à la conséquence connue du scorbut en cas de carence en vitamine C. Voilà pourquoi un complément alimentaire peut même avoir une action curative ou préventive.  Cette possibilité n’est d’ailleurs pas exclue par la législation européenne (cf. les avis, entre autres dans l’affaire des ‘Préparations d'ail sous la forme de gélules’).
  1.  Un effet physiologique
    • Seules les allégations de santé officiellement autorisées peuvent être utilisées. Actuellement, l’EFSA a approuvé plus de 250 allégations de santé (voir http://ec.europa.eu/nuhclaims/).  Il s’agit toutes d’allégations dont le fondement scientifique a été accepté et approuvé.  Ces allégations de santé sont donc « prouvées » ! (Voir ci-dessus).  Il ne s’agit pas d’effets préventifs ou curatifs contre des maladies.

Ces effets ne sont pas toujours palpables.  Parfois, les symptômes de déficiences ne s’observent qu’après de longues périodes de carences. Exemples : le calcium et la solidité osseuse, la vitamine C et l’immunité, la baisse du cholestérol, l’élimination de la constipation, un sommeil de meilleure qualité, la régularisation du transit, la diminution des crampes musculaires.

  1. Le soutien de l’homéostasie. Le concept des effets qu’un complément alimentaire peut avoir est parfaitement intégré au principe de “l’homéostasie” (Council of Europe, Committee of Experts on Nutrition, Food and Consumer Health, 2008).   Dans ce document, ‘l’homéostasie’ est définie comme “the status of a person whose physiological parameters function within the limits considered as normal” (NdT : l’État d’une personne dont les paramètres physiologiques fonctionnent dans des limites considérées comme normales).  En ce sens, les compléments alimentaires contribuent à maintenir l’homéostasie.  Il ne fait aucun doute que les compléments alimentaires remplissent cette fonction. 
Les multivitamines ne protègent pas des maladies chroniques

Examen de l’allégation :

Doc E2/04/17

Notre conclusion

AUCUNE BASE SCIENTIFIQUE POUR CETTE ALLÉGATION

Les inconvénients d’une carence en vitamines et en minéraux sont suffisamment connus et acceptés.  Éviter ces carences est essentiel et primordial pour rester en bonne santé.

Il n’existe aucune preuve scientifique permettant d’affirmer qu’une supplémentation en vitamines et en minéraux ne présente aucun avantage dans la lutte contre les maladies chroniques.

Celui qui prétend qu’il est prouvé qu’une supplémentation en vitamines et en minéraux ne sert à rien, s’appuie souvent sur une publication de 2013 parue dans Annals of Internal Medicine sous le titre “Stop wasting money on vitamin and mineral supplements”. (NdT : arrêtez de gaspiller votre argent en compléments de vitamines et de minéraux)  L’éditorial en arrive à la conclusion suivante “… supplementing the diet of well-nourished adults with (most) mineral or vitamin supplements has no clear benefit and might even be harmful. (NdT : donner une supplémentation à des adultes correctement nourris avec (la plupart) des compléments de minéraux ou de vitamines ne présente aucun bénéfice évident et peut même s’avérer néfaste)  These vitamins should not be used for chronic disease prevention. (NdT : ces vitamines ne doivent pas être utilisées pour la prévention de maladies chroniques)  Enough is enough.” (NdT : trop c’est trop)

Par la suite, cette publication a été accueillie par une vague de protestations d’éminents scientifiques, spécialistes dans ce domaine.  Un résumé accablant de ces critiques est disponible dans la respectable revue Nature (Moyer, 2014).  Voici une synthèse de ces critiques :

  • Les auteurs passent entièrement sous silence le fait que la population souffre encore en réalité de carences importantes qui ne sont pas visibles dans les études.  Généralement, les études utilisées pour leur analyse ont été réalisées sur des populations qui ne présentent aucune carence.
  • Cet éditorial repose sur les résultats de 3 études, et constitue une extrapolation sans fondement :
    • L’étude de Grodstein et al. (2013) a été réalisée sur des médecins allemands masculins bien alimentés de plus de 65 ans, avec une dose relativement faible d’une multivitamine et en mettant l’accent sur le ‘déclin cognitif’.  Il est inconcevable d’extrapoler ces résultats à d’autres populations et à d’autres effets et ces résultats ne donnent aucune indication quant à l’utilité d’une supplémentation chez des personnes carencées.
    • L’étude de Fortmann et al. (2013) n’observe aucun effet d’une série de compléments sur les maladies cardio-vasculaires, le cancer ou la mortalité chez des personnes en bonne santé sans carences, mais indique également que, dans un certain nombre d’études de grande qualité, un effet protecteur significatif contre le cancer a été établi dans certains sous-groupes des études.  Les auteurs préviennent également que le résultat ne s’applique pas à l’utilisation de nutriments chez des individus carencés ou à plus haut risque.
    • L’étude de Lamas et al. (2013) a été réalisée avec des multivitamines en guise de prévention secondaire contre les maladies athérosclérotiques – donc chez des patients qui avaient déjà eu un infarctus.  On ne peut pas extrapoler ces résultats à la population générale.
  • Un certain nombre des études utilisées présentent des erreurs majeures dans leur conception et leur réalisation.
    • Une étude qui n’établissait aucun lien entre une supplémentation en calcium et en vitamine D’une part et les fractures d’autre part, semblait après coup présenter une erreur dans le calcul de l’apport quotidien en calcium (NIH Women’s Health Initiative, Prentice et al., 2013).
  • Une série d’études présentent des effets manifestes pour des sous-groupes, qui ne sont toutefois plus visibles dans la population totale testée.
    • Une étude qui n’établissait aucun lien entre le développement d’un adénome colorectal et une supplémentation en bêtacarotène semblait néanmoins démontrer une réduction significative du risque d’un tel cancer chez les non-fumeurs et les non-buveurs (Baron et al. 2003).
    • Une méta-analyse du lien entre supplémentation en antioxydants et cancer ne semblait pas montrer de rapport mais cette étude n’a pas établi de distinction entre les hommes et les femmes.  Cependant, un lien était bel et bien visible chez les hommes (Hercberg et al., 2004).
    • Une étude réalisée à la Harvard School of Public Health chez 672 professionnels de la santé ayant des antécédents de tumeurs colorectales bénignes (un facteur de risque pour le cancer du côlon) qui prenaient un complément d’acide folique n’a prouvé aucun effet si l’on regardait l’ensemble de la population mais chez les personnes qui avaient le plus faible apport en acide folique au début, on a constaté un risque réduit de rechute (Wu et al. 2009).

Nous pouvons donc affirmer avec autant de facilité : Il n’existe aucune preuve scientifique permettant d’affirmer qu’une supplémentation en vitamines et en minéraux ne présente aucun bénéfice.

Références

  • Baron JA, Cole BF, Mott L, Haile R, Grau M, Church TR, Beck GJ, Greenberg ER. Neoplastic and antineoplastic effects of beta-carotene on colorectal adenoma recurrence: results of a randomized trial. J Natl Cancer Inst 2003; 9:717-722.
  • Fortmann SP, Burda BU, Senger CA, Lin JS, Whitlock P. Vitamin and Mineral Supplements in the Primary Prevention of Cardiovascular Disease and Cancer: An Updated Systematic Evidence Review for the U.S. Preventive Services Task Force”.  Annals of Internal Medicine 2013; 159(12):824-34.
  • Grodstein F, O’Brien J, Kang JH, Dushkes R, Cook NR, Okereke O, Manson JE, Glynn RJ, Buring JE, Gaziano JM, Sesso HD. A Randomized Trial of Long-Term Multivitamin Supplementation and Cognitive Function in Men: The Physicians’ Health Study II. Ann Intern Med 2013; 159(12): 806-814.
  • Hercberg S, Galan P, Preziosi P, Bertrais S, Mennen L, Malvy D, Roussel AM, Favier A, Briançon S.Arch. The SU.VI.MAX Study: a randomized, placebo-controlled trial of the health effects of antioxidant vitamins and minerals.. Arch. Intern Med 2004; 164(21):2335-42.
  • Lamas GA, Boineau R, Goertz C, Mark DB, Rosenberg Y, Stylianou M, Rozema T, Nahin RL, Lindblad L, Lewis EF, Drisko J, Lee KL. Oral High-Dose Multivitamins and Minerals or Post Myocarcial Infarction Patients in TACT. Ann Intern Med 2013; 159(12):797-805.
  • Moyer MW. Vitamins on Trial. Nature 2014; 510: 462-4.
  • Wu K, Platz EAWillett WCFuchs CSSelhub JRosner BAHunter DJGiovannucci E. A randomized trial on folic acid supplementation and risk of recurrent colorectal adenoma. Am J Clin Nutr 2009; 90: 1623-1631.
  • Prentice RL, Pettinger MB, Jackson RD, Wactawski-Wende J, Lacroix AZ, Anderson GL, Chlebowski RT, Manson JE, Van Horn L, Vitolins MZ, Datta M, LeBlanc ES, Cauley JA, Rossouw JE. Health risks and benefits from calcium and vitamin D supplementation: Women's Health Initiative clinical trial and cohort study. Osteoporos Int 2013; 24(2):567-80.

Deficiencies

Les multivitamines sont inutiles car la population belge ne présente presque aucune carence

Examen de l’allégation :

Doc D1/04/17

Notre conclusion

FAUX, une allégation dangereuse

Le risque de carence est encore très élevé, pour l’ensemble de la population.  Ce risque est clairement démontré dans des études récentes.

1. Carences d’après le rapport CSS2016

Sur base du rapport CSS2016 “Recommandations nutritionnelles pour la Belgique”, nous avons résumé comme suit les données relatives aux carences avec, dans la dernière colonne, notre conclusion (déjà inspirée par des données issues d’enquêtes et de mesures de consommation alimentaire visées au point 2).

 

AJR ou Apport adéquat (AA)

Apports moyens ou estimés

Commentaires additionnels du CSS concernant les carences

Conclusion de Naredi

Ca

950 mg

716-838 mg

 

Grand risque de carences dans une partie importante de la population.

P

800 mg

> 1100 mg

 

Carences très rares.

Mg

300 - 350 mg

(F-H)

225-402 mg

« Une carence en magnésium est très rare et est généralement secondaire à une autre pathologie »

Grand risque de carences dans certains groupes.

K

3-4g

2-4 g

« L’apport habituel de potassium varie chez les adultes (…) et est généralement inférieur aux recommandations nutritionnelles.  (…) Toutefois, les patients souffrant d’hypertension artérielle, traités par des diurétiques, et/ou d’insulinorésistance et de diabète de type 2, ont souvent besoin d’un complément de potassium. »

Risque de carences, surtout dans certains groupes.

Fe

9-15 mg

9.6-13 mg

“…le risque accru de carence en Fe touche principalement les jeunes enfants mais aussi les jeunes femmes réglées, les femmes enceintes et les femmes allaitantes.»

Grand risque de carences dans certains groupes.

Zn

8 - 11 mg

4 – 54 mg

« Une carence en Zn est une réalité plus fréquente dans certains groupes de population (prématurés nourris au lait maternel, jeunes enfants, femmes enceintes, femmes allaitantes, personnes âgées, végétariens) et dans des régions défavorisées du monde (malnutrition, faibles revenus, zones rurales), mais également dans certains pays européens (jusqu’à 10 % de la population).

Grand risque de carence, surtout dans certains groupes.

Cu

1.2-1.7 mg

1.0-1.6 mg

« À l’exception de quelques groupes de population (femmes pendant la grossesse ou l’allaitement, personnes souffrant d’une mauvaise absorption intestinale, personnes présentant un apport trop élevé en Zn, une carence en Cu n’est pas un problème… »

Risque de carences dans certains groupes.

Se

70 mcg

30-60 mcg

«Une partie non négligeable de la population belge présente un apport inférieur à l’AA.»

Grand risque de carences.

I

150 mcg

Non disponible

« L’apport est encore sous-optimal pour les femmes belges pendant la grossesse ou l’allaitement. »

Risque de carences dans certains groupes.

Mn

3 mg

2,6 mg

(1983 données)

Risque de carences.

Mo

65 mcg

75-99 mcg

(1997 données)

Faible risque de carences

Cr

30 mcg (NE)

57-84 mcg

(Données EFSA)

Risque de carences dans certains groupes.

F

2.9-3.4 mg

2 – 3.5 mg

(Données EFSA)

Faible risque de carences.

B

0.3 - 1mg (NE)

0.9 – 1.5 mg

(Données EFSA)

Faible risque de carences.

Si

10-25 mg (NE)

9 – 43 mg

 

Risque de carences.

TABLEAU 1.  Carences en minéraux et en oligo-éléments chez des adultes d’après CSS2016.
NE : Non établi

Vitamine

AJR ou Apport adéquat

Apports moyens ou estimés

Commentaires additionnels CSS

Conclusion de Naredi

A

650-750 mcg RE

inconnu

(étude aux Pays-Bas) « Environ 20 % des hommes et 35 % des femmes ont un apport habituel inférieur aux besoins moyens.»

Grand risque de carences.

D

10-15 mcg

Souvent trop faible

Carences chez les nouveau-nés, les enfants, les adultes.

Grand risque de carences.

E

11-13 mg

inconnu

La carence est rare

Faible risque de carences.

K

50-70 mg

Inconnu

Indéterminé

Faible risque de carences.

C

110 mg

90 mg

Carence pour plus de la moitié de la population

Grand risque de carences.

B1

1.1-1.5 mg

1.2 – 1.8 mg

La carence est rare

Faible risque de carences.

B2

1.2 – 1.5 mg

1.8 – 5.2 mg

La carence est rare

Faible risque de carences.

B3

14-16 mg

12 – 14 mg

La carence est rare

Faible risque de carences.

B5

5

3.2 – 6.3 mg

Les carences nutritionnelles sont rares

Faible risque de carences.

B6

2 – 3 mg

Inconnu

L’apport dépasse légèrement les besoins

Les carences sont rares.

B8 = H

biotine

40 mcg

30-60 mcg

Une carence est rare

Risque de carences.

B9

acide folique

200-300mcg

168-326 mcg

Carences pendant la grossesse et chez les femmes avec un risque accru

Grand risque de carences, surtout pendant la grossesse.

B12

4 mcg

4.2 – 8.6 mcg

Risque de carence dans certains groupes de la population

Risque de carences.

TABLEAU 2.  Carences en vitamines chez des adultes d’après CSS2016.

2.  Carences d’après des enquêtes et des mesures de consommation alimentaire

L’enquête sur la Consommation nutritionnelle 2014-2015 a mis en évidence les risques de déficiences chez le consommateur Belge.  La tableau 3 reprend les conclusions les plus importantes. Par ailleurs, la liste de références reprise ci-dessous comporte d’autres études qui  décrivent aussi les risques de déficiences en vitamine E, magnesium et zinc, entre autres.

% du risque de carence % des hommes % des femmes
Calcium 73% 85%
Fer 36% 96%
Vitamine A 22-31% 14-31%
Vitamine B1 81% 81%
Vitamine B2 63% 62%
Vitamine B6 80% 77%
Acide Folique B9 63% 84%
Vitamine C 73% 78%
Vitamine D 95% 77%

TABLEAU 3.  Carences telles qu’elles ont été établies dans les mesures et les sondages

Sources : 

  1. Enquête nationale belge de Consommation alimentaire - y compris les apports provenant de compléments. De Ridder K, Bel S, Brocatus L, Cuypers K, Lebacq T, Moyersoen I, Ost C & Teppers E. De consumptie van voedingsmiddelen en de inname van voedingsstoffen. Dans : Bel S, Tafforeau J (ed.). Enquête de consommation alimentaire 2014-2015. Rapport 4. WIV-ISP, Bruxelles, 2016.
  2. Philippart de Foy “Carence en vitamine D: Une pandémie facilement éradicable en médecine de 1ière ligne”, UCL Report 2009.
  3. Moreno-Reyes R., Carpentier Y. A., Boelaert M. et al. Vitamin D deficiency and hyperparathyroidism in relation to ethnicity: a cross-sectional survey in healthy adults. Eur. J. Nutr. 2009; 48: 31-37
  4. Isabel Van Daele, Ugent, “Vitamine D-deficiëntie in een doorsnee Belgische huisartsenpraktijk”, Masterproef Huisartsgeneeskunde 2011.
  5. Van Rossum CTM, Fransen HP, Verkaik-Kloosterman J, Buurma-Rethans EJM, Ocke MC.  Dutch National Food Consumption Survey 2007-2010: Diet of children and adults aged 7 to 69 years.  RIVM; 2011.  Report nr. 350050006/2011.
  6. Galan P, Preziosi P, Durlach V, Valeix P, Ribas L, Bouzid D, Favier A, Hercberg D. Dietary magnesium intake in a French adult population. Magnes Res 1997; 10(4):321-328. (Étude SU.VI.MAX).
  7. Henderson et al (2003) “The National Diet & Nutrition Survey: adults aged 19 to 64 years.  Vitamin and mineral intake and urinary analytes.” HMSO, UK, ISBN 0 11 621568 2.
  8. Schimatschek HF, Rempis R. (2001) “Prevalence of hypomagnesemia in an unselected German population of 16,000 individuals.  Magnes. Res. 2001; 14:283-290.
  9. Mouw DR, Robyn AL, Sullo EJ. What are the causes of hypomagnesemia? J Fam Pract 2005; 54(2):156-178.
  10. Conseil Supérieur de la Santé. Recommandations nutritionnelles pour la Belgique – 2016. Bruxelles : CSS 2016, Avis n° 9285
  11. Peter S, Friedel A, Roos FF et al. A systematic Review of Global Alpha-Tocopherol Status as Assessed by Nutritional Intake Levels and Blood Serum Concentrations. Int J Vitam Nutr Res 2016;, 14:1-21.
  12. Moyersoen I et al (2017) “Intake of Fat-Soluble Vitamins in the Belgian Population: Adequacy and Contribution of Foods, Fortified Foods and Supplements” Nutrients 2017, 9, 860.

3. Carences dans des groupes spécifiques de la population

Le tableau suivant présente une série de carences connues dans des groupes spécifiques de la population, comme le décrit le CSS2016.

Groupe Carence

Patients ostéoporotiques

Ca, VitD

Jeunes enfants, jeunes femmes adultes, femmes enceintes, femmes issues de classes sociales défavorisées

Fe

Patients souffrant d’hypertension artérielle et traités par des diurétiques, et/ou insulinorésistance et diabète de type 2

K

Nourrissons prématurés, nourrissons allaités, jeunes enfants, femmes enceintes et femmes pendant l’allaitement, personnes âgées, végétariens, groupes sociaux défavorisés (10 % de la population)

Zn

Femmes pendant la grossesse ou l’allaitement, personnes présentant une mauvaise absorption intestinale, personnes ayant un apport très élevé en Zn

Cu

Une partie non négligeable de la population belge

Se

Femmes pendant la grossesse ou l’allaitement

I

Les personnes sous alimentation parentérale prolongée et totale

Mn

Patients sous alimentation parentérale

Mo

Patients sous alimentation parentérale

Cr

En cas de troubles graves du comportement alimentaire et/ou dans certains milieux socio-économiques très défavorables

Vit. A

Enfants et personnes âgées surtout à la fin de l’hiver et au début du printemps, 40 à 100 % de la population âgée, des nouveau-nés

Vit. D

Personnes qui prennent des antagonistes de la vitamine K

Vit. K

Patients sous alimentation parentérale, fumeurs, personnes âgées, davantage chez les hommes, alcoolisme chronique, patients atteints d’un cancer ou d’autres affections chroniques entraînant un état inflammatoire prolongé.  Plus de 50 % des personnes qui consomment moins de deux portions de fruits par jour, qui ne pratiquent pas d’activité physique et qui fument (et qui prennent des contraceptifs oraux dans le cas des femmes).

Vit. C

Consommation régulière d’alcool

Vit. B1

Alcoolisme chronique, mauvaise absorption intestinale pour certaines maladies intestinales

Vit. B2

Alcoolisme grave et comme conséquence de certaines maladies intestinales ou immunitaires chroniques

Vit. B3

En cas d’alimentation parentérale chronique qui n’est pas associée à l’administration de cette vitamine ou en cas de consommation régulière d’œufs crus

Vit. B8 (biotine)

Femmes qui envisagent une grossesse, femmes enceintes, femmes avec des antécédents d’anomalies du tube neural lors d’une précédente grossesse, si elles-mêmes ou leurs partenaires ont souffert d’une ATN,  antécédents familiaux d’ATN, prise d’antiépileptiques, prise de Proguanil (antipaludique), diabetes mellitus (type 1 ou type 2), obésité, mauvaise absorption intestinale comme la maladie coeliaque ou certaines anémies génétiques (drépanocytose, thalassémie).  Grossesse non souhaitée et situation socio-économique défavorisée de la mère.

Vit. B9 (acide folique)

Faible carence fréquente chez les végétariens et les personnes âgés.Personnes qui sont supplémentées en acide folique.

Vit. B12

TABLEAU 4.Carences dans des groupes spécifiques de la population selon CSS2016.

Toutefois, il y a bien d’autres groupes de la population qui présentent un risque élevé de carences.  Nous les avons résumés dans le TABLEAU 5.

Groupe Carence réf

Personnes qui prennent certains médicaments

toutes sortes

Voir Document D4/04/17

Obésité

Fe, vit. D, B12, E, C

Xanthakos SA. Nutritional Deficiencies in Obesity and After Bariatric Surgery. Pediatr Clin North Am 2009; 56(5):1105-1121

29 % des personnes de plus de 65 ans qui vivent chez elles et dont 51 % sont hospitalisées pour une chirurgie, sont dans une situation nutritionnelle problématique.

toutes sortes

Langendries M, Healthcare Executive 2014; 80:28-29.

Les étudiants ont de très mauvaises habitudes alimentaires : À peine un quart des étudiants mange au moins deux portions de fruits par jour et en ce qui concerne les légumes, la situation est dramatique : à peine 8,4 % mangent au moins la quantité recommandée de 300 g par jour.

toutes sortes

AP Hogeschool, Opleiding Voedings- en dieetkunde, 2016 (https://www.ap.be/wetenschap-en-techniek/nieuws/hoe-gezond-leeft-de-ap-student/4384 )

Tableau 5. Carences et groupes sensibles pour les groupes spécifiques qui ne sont pas mentionnés dans le CSS2016

4.   Conclusions

Sur base d’une vision globale, nous pouvons conclure qu’il existe un risque très réel que le Belge ‘moyen’ présente une carence de l’un ou de plusieurs minéraux, vitamines ou oligo-éléments.  Nos conclusions sont résumées au Tableau 6.

 

vitamines

minéraux

Grand risque de carences

4

A, D, C, B9 (acide folique)

5

Ca, Mg, Fe, Zn, Se

Risque de carences

2

B8 (biotine), B12

5

K, Cu, I, Mn, Si

Faible risque de carences

6

E, K, B1, B2, B3, B5

4

Mo, Cr, F, B

Carences rares

1

B6

1

P

Total

13

 

15

 

TABLEAU 6.Aperçu des principales carences dans la population belge.

D’après les données de ce rapport, les plus grands risques de carences sont présents pour 9 substances : calcium, magnésium, fer, zinc, sélénium, vitamine A, vitamine D, vitamine C et vitamine B9 (acide folique).  En outre, il y a des groupes spécifiques de la population qui ont besoin d’une supplémentation.

En même temps, il convient de faire observer, sur base de la courbe de Gauss reprise à la page 13 du CSS2016, qu’il est possible de prévenir les carences dans toutes les couches de la population.  Dans ce cadre, des facteurs personnels jouent également un rôle majeur.

À titre d’exemple, voici la situation de l’apport en calcium chez les femmes en Belgique

GRAPHIQUE 1.  La situation pour le calcium.  AJR = 950 mg/j, apport moyen pour les femmes = 716 mg/j.  Il y a manifestement un groupe significatif de femmes qui ont un apport trop faible en calcium.

GRAPHIQUE 2.  Lien entre apport en calcium et risque pour la santé.  En partie basé sur Voedingsnormen 2001, Pays-Bas. Il existe un risque considérable pour la santé pour une très grande partie des femmes.

Une supplémentation et un enrichissement de denrées alimentaires en vitamine D et en calcium permettent, chaque année, de prévenir 200.000 fractures, ce qui revient à une économie de presque 4 milliards d’euros. Chaque euro dépensé en compléments alimentaires et en denrées alimentaires enrichies permet d’économiser 3,47 €. Les nutriments comme la vitamine D et le calcium ne sont donc pas seulement essentiels pour l’organisme mais aussi pour les économies en matière de soins de santé (Frost & Sullivan Report, 2017).

Dans un Document de Consensus, le Belgian Bone Club recommande une supplémentation en calcium et en vitamine D pour toutes les femmes post-ménopausées et conclut : “…Le calcium et la vitamine D doivent être les médicaments de première intention pour la prévention et le traitement de l’ostéoporose”  (Boonen et al. Osteoporos Int 2005; 16:239-254).

Les multivitamines sont inutiles car les personnes qui ont une alimentation équilibrée n’ont pas de carence

Examen de l’allégation :

Doc D2/04/17

Notre conclusion

FAUX – base contestable et conclusion erronée

Celui qui adopte une alimentation équilibrée peut néanmoins toujours présenter une carence.

De plus, seul un très petit groupe de la population belge adopte une alimentation équilibrée.  Plus précisément, la consommation de légumes, de fruits et de produits laitiers est insuffisante.

Par conséquent, pour la majeure partie de la population, les multivitamines constituent un complément très utile de l’alimentation.

Très souvent, le rapport CSS2016 suggère une ‘alimentation équilibrée’ comme solution aux carences.  Dans ce cadre, Naredi souhaite formuler les remarques suivantes.

  1. Seul un petit groupe de la population adopte une ‘alimentation équilibrée’. Même après 50 ans d’efforts pour atteindre cet objectif.  Les carences sont donc encore considérables (voir doc. D1). Le récent Sondage belge sur la Consommation alimentaire présente des résultats inquiétants.  Nous vous en présentons quelques-uns ci-dessous.
  1. Certains conseils nutritionnels semblent, dans la pratique, être difficiles à suivre pour un grand nombre de consommateurs :
    1. Poisson : afin de consommer assez de vitamine D (et d’acides gras oméga-3), il faudrait manger du poisson gras 3 à 4 fois par semaine.
    2. Produits laitiers : ils constituent la source de calcium la plus importante. Les dosages conseillés par le CSS, de 4 produits laitiers ou plus par jour, semblent impossible à atteindre pour la plupart des consommateurs.
    3. Légumes et fruits : il faudrait en consommer deux fois plus.
  1. Une alimentation équilibrée ne sera pas non plus la solution dans un grand nombre de groupes spécifiques de la population et dans de nombreuses situations (voir doc. D1 et D4), notamment nourrissons, femmes pendant la grossesse ou l’allaitement, patients sous traitement médicamenteux, personnes stressées, personnes âgées, femmes pendant les menstruations, fumeurs, patients bariatriques, végétariens.

Lorsque l’on prétend « celui qui a une alimentation équilibrée n’a pas de carence », cela implique également que « celui qui n’a pas une alimentation équilibrée a presque certainement des carences ».  Par conséquent, nous devons conclure que la majeure partie de la population belge présente une ou plusieurs carences.

Évidemment, ceci ne signifie pas que nous ne devons pas continuer à inciter la population à adopter une alimentation équilibrée et variée.  Cela reste primordial, ne fusse que pour parvenir à un équilibre sain des macronutriments.  Par ailleurs, il peut être très avantageux de prendre également un complément de vitamines et de minéraux.  En effet, aucun inconvénient n’est lié à la prise d’une supplémentation.

Littérature

Biesalski K (2014) Hidden Hunger – Consequences for Brain Development.  Pontifical Academy of Sciences, Scripta Varia 125, Vatican City 2014).

Biesalski K “Hidden Hunger in the developed world” Univ. Hohenheim (D),  Springer Verlag Berlin Heidelberg 2013 Chapter 3.

Ci-dessous, nous avons copié quelques conclusions pertinentes et inquiétantes de l’Enquête nationale belge de Consommation alimentaire 2014-2015 (publiée en 2017).

  1.  Obésité (les obèses présentent souvent des carences, voir Doc. D1)
    • 45 % de la population (3-64 ans) à un IMC trop élevé : 29 % est en surpoids et 16 % est obèse.
    • Ces pourcentages augmentent avec l’âge et à partir de 35 ans, même plus d’un tiers de la population souffre de surpoids et plus d’un cinquième d’obésité.
  1. Consommation de légumes
    • La consommation habituelle de légumes est de 145 g/jour.
    • Seulement 5 % de la population (3-64 ans) respecte les recommandations en matière de légumes.
    • 35 % des jeunes enfants (3-5 ans) atteignent la recommandation spécifique à leur âge pour les légumes.
  1. Consommation de fruits
    • La consommation habituelle de fruits est d’1 portion de fruits par jour (110 g).
    • Seulement 9 % de la population (3-64 ans) respecte ainsi la recommandation.
    • Cependant, deux jeunes enfants (3-5 ans) sur trois (64 %) respectent la directive en matière de fruits.
  1. Consommation de produits laitiers (essentiellement pour l’apport en calcium, voir Doc D1)
    • La consommation habituelle de lait et de produits à base de soja enrichis en calcium (à l’exception du fromage) s’élève à 160 g/jour, seulement 2 % de la population (3-64 ans) respectant ainsi les recommandations.
    • Presque tous les adolescents belges (99,6 %) âgés de 14 à 17 ans ne consomment pas suffisamment de lait et de produits à base de soja enrichis en calcium.
    • La consommation habituelle de fromage est de 30 g/jour, et donc 41 % de la population respectent la quantité maximale recommandée.
Il est préférable de déconseiller à la population de prendre des compléments de vitamines et de minéraux

Examen de l’allégation :

Doc D3/04/17

Notre conclusion

Une attitude irresponsable

Les inconvénients avancés (souvent à tort) d’une supplémentation ne font pas le poids par rapport aux avantages évidents.

La meilleure solution consiste à s’efforcer d’adopter un mode de vie sain, une alimentation équilibrée et, si nécessaire, de prendre un complément.

Nous constatons qu’un certain nombre de personnes et d’instances faisant autorité avancent régulièrement des avis contre la consommation de compléments alimentaires à base de vitamines et de minéraux.  Généralement, les arguments suivants sont utilisés :

  • Ils soulignent les dangers potentiels des compléments
  • Ils rappellent que, pour la plupart des personnes, une supplémentation est inutile
  • Ils signalent le coût superflu d’une supplémentation
  • Ils soulignent que les vitamines et les minéraux ‘n’agissent pas’.

Nos documents spécifiques en la matière démontrent clairement que ces arguments n’ont pas de sens.

En effet, on ne peut pas sous-estimer l’importance d’une supplémentation chez des personnes carencées.  Dans ce cadre, il importe également que la personne en question achète la supplémentation prescrite et qu’elle la prenne chaque jour.  Voilà pourquoi, d’un point de vue médical, il est irresponsable de donner une mauvaise image des compléments alimentaires et de les présenter à la population comme ‘dangereux’, ‘toxiques’ ou ‘inutiles’.

C’est pourquoi Naredi se range derrière l’avis de nombreux experts en la matière, que nous pouvons résumer par les  propos d’Elisabeth Ward : “(...) Multivitamin supplements are generally well tolerated and do not appear to increase the risk of mortality, cerebrovascular disease, of heart failure (NdT : les multivitamines sont généralement bien tolérées et ne semblent pas augmenter le risque de mortalité, de maladies cérébrovasculaires ou d’insuffisance cardiaque).  The potential benefits of Multivitamin supplements likely outweigh any risk in the general population and may be particularly beneficial for older people” (Ward E, Nutrition Journal 2014, 13:72).

Naredi insiste également pour que les instances compétentes

  • Ne remettent pas en question publiquement la sécurité des compléments alimentaires
  • Acceptent les compléments comme faisant partie d’une alimentation et d’un mode de vie sains
  • Garantissent la transparence concernant les doses sûres recommandées pour la population générale ainsi que pour des groupes cibles spécifiques
Certains types de médicaments peuvent entraîner des carences importantes en vitamines et en minéraux

Examen de l’allégation :

Doc D4/04/17

Notre conclusion

VRAI

Il a été clairement prouvé qu’un grand nombre de médicaments consommés fréquemment peuvent provoquer des carences significatives pour un certain nombre de vitamines et de minéraux.

Ci-dessous, un tableau reprenant les déplétions les plus fréquentes suites à la prise de médicaments.

Médicament

Déplétion nutritionnelle signalée (liste non exhaustive)

Analgésiques (acétaminophène)

Glutathion

Antiacides

Mg, Ca, P, Cu, Fe, K, Zn, acide folique

Médicaments antiulcéreux

Vit B12, D, B9, Zn

Inhibiteurs de la pompe à protons

B12, magnésium, minéraux

Antibiotiques

Vit C, vit K, Vit B, minéraux

Antiépileptiques (barbituriques…)

Vit D, B9, B12, B6, Ca

Antidépresseurs

Coenzyme Q10, Vit B2, mélatonine

Antidiabétiques (sulfonylurées, metformine)

Coenzyme Q10, Vit B12, B9

Anti-inflammatoires (corticostéroïdes)

Se, Ca, K, Zn, vit D, B9

Antirétroviraux

Cu, Zn

Cardio-vasculaire

Vit B1, B12, Mg

Hypolipémiants

La plupart des vitamines et des minéraux

Antihypertenseurs/diurétiques

Vit B6, Coenzyme Q10, Mg, Zn, K

Traitements hormonaux de substitution

Vit B6, Mg, Coenzyme Q10

Contraceptifs oraux

Plusieurs vitamines, Mg, Zn

Laxatifs

Vit A, D, E, K

Chimiothérapie

Mg (Cisplatine, Taxol) – K (Cisplatine) – VitD (Paclitaxel) – B12 (pémétrexed) etc. (comme mentionné dans les notices)

Réf. : Pelton R;, LaValle J.B., Hawkins E.B., Krinsky D.L. (2001) « Drug-Induced Nutrient Depletion Handbook. 2nd Edition.  American Pharmaceutical Association.  ISBN 1-930598-45-9

Une étude récente a montré que les personnes ayant fait des études supérieures consomment plus de vitamines dont ils n’ont pas besoin

Examen de l’allégation :

Doc D5/01/18

Notre conclusion

PAS VRAI

L’enquête récente sur l’alimentation ne nous conduit pas à ces conclusions. Les différences de consommation de vitamines et minéraux par les personnes ayant fait des études supérieures et celles ayant fait des études inférieures dans la population belge sont négligeables. Les personnes, dans la population belge, ayant fait des études supérieures ont les mêmes risques de carence que celles ayant fait des études inférieures.

L’enquête belge de consommation alimentaire de 2014-15, publiée en 2017, (https://fcs.wiv-isp.be/fr/SitePages/Accueil.aspx) est la seule enquête qui fait une distinction entre les personnes ayant fait des études supérieures et celles ayant fait des études inférieures. Les résultats sont résumés ci-dessous.

% de la population ayant un usage de …. l’année dernière

Pas de diplôme secondaire inférieur ou secondaire

Supérieures, type court

Supérieures, type long

Moyenne des deux types supérieurs

Conclusion: moyenne des études supérieures

 

Complément alimentaire

34.5

37.4

45.2

41.3

6.8% plus élevé

Complément vitamine

4.2

2.3

4.8

3.55

0.65% moins élevé

Complément de Vit A/D

3.7

2.0

4.2

3.1

0.6% plus élévé

Complément de Vitamine B

7.2

8.3

7.8

8.05

0.85% plus élévé

Complément de Vitamine C

9.0

9.4

11.9

10.65

1.65% plus élévé

Complément de Vitamine D

20.0

15.8

21.6

18.7

1.3% moins élevé

Complément de Vitamine E

5.3

5.1

4.3

4.7

0.6% moins élevé

Complément de Vitamine K

3.0

3.0

2.2

2.6

0.4% moins élevé

Multivitamine sans minéraux

6.3

5.7

5.8

5.75

0.55% plus élévé

Multivitamine avec minéraux

12.1

13.0

20.1

16.55

4.45% plus élévé

Complément de Bêta-carotène

1.9

1.8

1.9

1.85

0.05% moins élevé

Complément de Calcium

7.4

5.4

6.1

5.75

1.35% moins élevé

Complément de Fer

6.8

7.7

7.4

7.55

0.75% plus élévé

  • Les personnes ayant fait des études supérieures consomment plus de “compléments alimentaires”, mais il n’est pas évident de savoir de quel complément alimentaire il s’agit. Les études de marché montrent que les compléments de vitamines et minéraux occupent 20% du marché. On ne peut donc pas en déduire que les personnes ayant fait de études supérieures utilisent plus de compléments de vitamines et minéraux.
  • Les différences d’usage des “multivitamines” semblent montrer que les personnes ayant fait des études supérieures en utilisent plus, mais que les différences sont négligeables.
  • Il est certain que les personnes ayant fait des études supérieures prennent moins de compléments à base de vit A et D combinée, vitamine D, vitamine E, vitamine K, bêta-carotène (=vitamine A) et calcium, mêmes si les différences sont négligeables.

Les personnes ayant fait des études supérieures n’ont-elles pas besoin de plus de vitamines ? Les résultats de l’enquête sont résumés ci- dessous :

La consommation journalière

Etudes supérieures

Etudes supérieures de type court

Etudes supérieures de type long

Moyenne de la population

AJR

Fer (mg/d)

9.04

9.64

9.85

9.48

9 (M) – 9 à15  (F)

Calcium (mg/d)

705

777

809

716-838

950

Vitamine B1 (mg/d)

0.96

0.95

0.99

0.97

1.5 (M) – 1.1 (F)

Vitamine B2 (mg/d)

1.22

1.24

1.28

1.25

1.5 (M) – 1.2(F)

Vitamine B6 (mg/d)

1.51

1.53

1.48

1.52

3(M) - 2 (F)

Acide folique(mcg/d)

189

204

218

202

200 – 300

Vitamine B12 (mcg/d)

4.37

4.17

4.41

4.33

2.5

Vitamine C (mg/d)

77

84

92

82

110

Vitamine D (mcg/d)

3.77

3.69

3.87

3.76

10

(AJR = apport journalier recommendé)

Nous pouvons en déduire que :

  • Les personnes ayant fait des études supérieures utilisent parfois plus de vitamines et minéraux que celles ayant fait des études inférieures, mais pas de manière générale. Ce n’est donc pas toujours le cas pour les : Vit D, vit B6, vit B12, vit B1.
  • Dans aucun de ces cas, l’utilisation des personnes ayant fait des études supérieures ne diffère de manière significative de celle de la population globale.
  • En aucun cas, la consommation des personnes ayant fait des études supérieures n’atteint un niveau, sur base de l’AJR, qui conduit à une réduction significative des risques de carence.

Market

Acheter des compléments alimentaires sur Internet et au supermarché est dangereux

Examen de l’allégation :

Doc M1/04/17

Notre conclusion

FAUX

Les compléments alimentaires qui sont commercialisés légalement en Belgique sont, par définition, absolument sans danger. 

Il est recommandé de vérifier s’il s’agit de produits fabriqués en Belgique ou en Europe.

  1. Actuellement, les compléments alimentaires sont vendus via différents canaux en Belgique.  Sur base d’une étude de marché, Naredi estime que 75 % des ventes ont lieu via des pharmacies et le reste via des parapharmacies et des détaillants.  D’après les estimations, 15 % de l’ensemble des ventes passent par Internet.  Ici, les nombreuses pharmacies en ligne jouent également un rôle majeur.
  1. Quel que soit l’endroit où vous achetez un complément, la sécurité est toujours garantie.  L’essentiel c’est que les produits respectent la législation européenne.  Et s’ils sont vendus par une entreprise belge, ils doivent respecter la législation belge.  Dans les deux cas, ces produits sont considérés comme sûrs à 100 % si, évidemment, vous respectez les consignes sur l’emballage ou sur la notice.
  1. Évidemment, il est possible que des produits non réglementaires soient disponibles pour le consommateur belge.  Naredi incite à la prudence :
    • Vérifiez si le numéro NUT figure sur l’emballage.  Il s’agit d’une garantie de composition et de dosage réglementaire.
    • Soyez attentif au % de l’AR sur l’étiquette.  Ces valeurs ne peuvent pas dépasser certains niveaux : voir Doc. S11.
    • Faites attention aux produits qui portent une étiquette non européenne. 
    • Faites attention aux boutiques en ligne qui ne sont pas établies en Europe.
    • Achetez uniquement des produits avec un emballage dans une langue que vous comprenez complètement et lisez attentivement l’emballage.
Les Belges consomment trop de compléments alimentaires

Examen de l’allégation :

Doc M2/04/17

Notre conclusion

FAUX

Les Belges consomment des quantités normales, et probablement même encore trop faibles de compléments alimentaires à base de vitamines et de minéraux.

Par rapport à certains autres pays, le Belge en consomme même relativement peu.

Les compléments alimentaires qui sont commercialisés légalement en Belgique sont, par définition, absolument sans danger. 

  1. ’Enquête de Consommation alimentaire de 2016 a notamment démontré que 38 % de la population a pris un complément alimentaire au cours de l’année précédente et que 18 % de la population prenait un complément pendant l’enquête.   Cette quantité est considérée par certaines personnes comme très élevée, voire ‘trop élevée’.  Les experts faisaient notamment référence aux apports éventuellement trop élevés en vitamines et en minéraux.  Dans ce cadre, Naredi fait remarquer qu’il n’existe aucun fondement logique ou scientifique pour cette évaluation négative.  Nous pouvons affirmer plus précisément :
    • Dans d’autres pays, les consommations sont comparables, voire plus élevées.  Aux États-Unis, 52 % des adultes prenaient un complément alimentaire au moment de l’enquête.  Au Danemark, ce taux était de 64 %.
    • Les dépenses en compléments par tête en Belgique se situent entre 30 et 35 EUR par an,  ce qui correspond à 1 à 2 produits par an.  Ces valeurs peuvent donc difficilement être qualifiées ‘d’exagérées’.  Dans le tableau ci-dessous, un aperçu de la consommation estimée en Europe.
 

Consommation

(Moi €)

Habitants

(Mio)

Consommation

€/habitant

Finlande

352

5.5

64.0

Norvège

318

5.2

61.2

Italie

2666

61.0

43.7

Belgique

383

11.3

33.9

Suède

319

9.9

32.2

Suisse

237

8.3

28.6

Danemark

161

5.7

28.2

Autriche

216

8.6

25.1

Allemagne

1753

81.5

21.5

UK

1298

65.1

19.9

Pays-Bas

324

17.0

19.1

France

1183

66.5

17.8

TABLEAU 1.  Consommation estimée de compléments alimentaires dans quelques pays européens (données internes Naredi).

  • Le marché des compléments via les pharmacies est estimé à 380 millions d’euros en Belgique.  Toutefois, il ne s’agit pas uniquement des vitamines et des minéraux qui ne représentent que 29 % de ce marché.  Par conséquent, cette consommation ne doit certainement pas être considérée comme anormale.
  • Sur l’ensemble des ventes de compléments alimentaires en pharmacie (estimées à 75 % des ventes totales), 18 % ont lieu sur prescription.  Un complément sur 5 est donc prescrit par un médecin.  Nous pouvons supposer que le patient n’ira plus chercher de prescription pour la boîte suivante.  Nous pouvons donc conclure qu’une très grande partie des compléments utilisés en Belgique résulte d’un traitement prescrit par le médecin.
  • En outre, il y a encore des carences importantes dans la population belge (voir Doc D1).  Le rapport CSS2016 les indique clairement : risque élevé de carences pour les très grands groupes de la population en ce qui concerne le calcium, le magnésium, le fer, le zinc, les vitamines A, D, C, B9.  Et ce, sans parler des carences spécifiques dans de plus petits groupes, comme les personnes âgées et les patients sous traitement médicamenteux.  Selon Naredi, il est donc irresponsable d’effrayer la population et de l’empêcher de prendre des compléments (voir Doc. D3).
  • On ne peut pas sous-estimer l’importance d’une supplémentation chez des patients carencés.  Dans ce cadre, il importe également que la personne en question achète la supplémentation prescrite et qu’elle la prenne chaque jour.  Voilà pourquoi, d’un point de vue médical, il est également irresponsable de donner une mauvaise image aux compléments alimentaires et de les présenter à la population comme ‘dangereux’, ‘toxiques’ ou ‘inutiles’.
  • Une supplémentation et un enrichissement de denrées alimentaires en vitamine D et en calcium permettent, chaque année, de prévenir 200.000 fractures, ce qui revient à une économie de presque 4 milliards d’euros. Chaque euro dépensé en compléments alimentaires et en denrées alimentaires enrichies permet d’économiser 3,47 €. Les nutriments comme la vitamine D et le calcium ne sont donc pas seulement essentiels pour l’organisme mais aussi pour les économies en matière de soins de santé (Frost & Sullivan Report, 2017).
L’industrie des compléments alimentaires est sans scrupules et ne respecte aucune règle

Examen de l’allégation :

Doc M3/04/17

Notre conclusion

UNE ACCUSATION INACCEPTABLE

Nous sommes des chefs d’entreprise honnêtes et responsables.

L’intérêt du consommateur est notre priorité.

  • Naredi demande le respect de ses membres qui développent une activité honnête en observant toutes les règles et législations en vigueur.  La réglementation relative aux compléments alimentaires est d’ailleurs très stricte, notamment en ce qui concerne : la composition, le dosage, l’étiquetage, la sécurité et les allégations concernant le produit (voir Doc R1).

Voici une liste de quelques titres relevés dans les médias :

  • « L’industrie pharmaceutique enfonce des compléments alimentaires dans la gorge du Belge » est une déclaration erronée pour plusieurs raisons dont : la majorité des membres de Naredi n’ont aucune activité avec des produits pharmaceutiques.  Par ailleurs, la consommation belge de compléments alimentaires peut être considérée comme ‘normale’ (voir Doc M2).
  •  « Les compléments alimentaires sont fabriqués comme des bonbons pour vendre plus ».  Il s’agit d’une déclaration trompeuse qui donne l’impression que la sécurité du consommateur est négligée.  Si les compléments alimentaires sont présentés sous une forme agréable, c’est essentiellement pour en augmenter la fréquence d’utilisation.  Pour les médicaments, on appelle ça ‘l’observance thérapeutique’.  Elle est très faible en Belgique : des études ont démontré que l’observance thérapeutique pour les médicaments est de 75 % pour des traitements à court terme et seulement de 50 % pour des traitements à long terme (réponse du Vice-premier Ministre et du Ministre des Affaires sociales et de la Santé du 4 juin 2009 à la demande numéro 370 de Madame la députée Yolande Avontroodt du 13 mai 2009). Nous pouvons supposer que ce taux est encore plus faible pour les compléments alimentaires.  En particulier chez les enfants et les personnes âgées, il est souvent difficile de leur faire avaler une capsule ou un comprimé chaque jour.  Voilà pourquoi il est essentiel de proposer une ‘facilité d’utilisation’ maximale, par exemple en commercialisant les produits dans un emballage pratique à emporter. 
  • « les compléments alimentaires contiennent des substances dopantes pour les sportifs » : il s’agit d’une extrapolation extrêmement trompeuse de rumeurs dans la presse. Cet argument est également utilisé à tort par des sportifs qui se font pincer lors d’un contrôle de dopage.  Dans la pratique, les compléments alimentaires pour les sportifs sont largement testés sur la présence de composants interdits.  À cet effet, il existe des organismes de contrôle spécifique qui octroient un label aux produits qui satisfont à toutes les exigences.
  • « l’industrie des compléments alimentaires suscite chez le consommateur la peur des maladies » : celui qui profère cette allégation fait l’amalgame de tout ce que l’on peut lire sur Internet sur les fabricants de compléments alimentaires.  C’est évidemment absurde.  Naredi souligne que la publicité pour les compléments alimentaires sur l’étiquetage et dans la présentation est interdite pour :
    • Attribuer aux produits des propriétés visant à prévenir, à traiter ou guérir des maladies ainsi que des allusions à de telles propriétés ;
    • Prétendre ou suggérer qu’une alimentation équilibrée et variée en général ne peut pas apporter des quantités adaptées de nutriments.

(AR du 12/02/2009 art. 5).

  • « l’industrie veut compenser la malbouffe par des compléments » : c’est absurde.  Les membres de Naredi sont les premiers à réaliser qu’il est impossible de compenser de mauvaises habitudes par un comprimé.  Du reste, nos entreprises n’ont aucun intérêt à encourager la consommation de mauvais aliments ou l’adoption de régimes déséquilibrés.  Des multivitamines ne vous permettront jamais de compenser une alimentation déséquilibrée.
  • Par ailleurs, nous soulignons que tout complément alimentaire comporte sur son étiquette une mention obligatoire indiquant «les compléments alimentaires ne peuvent pas se substituer à une alimentation variée » (AR du 12/02/2009 art. 4).
  • Nous voulons également signaler que des contrôles de l’AFSCA en 2016 ont révélé que tant les compléments alimentaires que leurs fabricants satisfont aux exigences de qualité les plus élevées.  En effet, 99 % des compléments alimentaires contrôlés par l’AFSCA répondent scrupuleusement aux exigences de qualité et d’hygiène imposées par l’Agence (98,4 % en 2015). Sur un total de 953 analyses chimiques, 943 se sont avérées conformes aux exigences imposées. En ce qui concerne les opérateurs contrôlés par l’AFSCA, 94 % d’entre eux ont obtenu une évaluation positive, à savoir 124 inspections sur un total de 132 (87 % en 2015).