Compléments alimentaires: sensé ou insensé?

Notre pays est reconnu pour ses habitudes alimentaires riches. Beaucoup de belges sont actifs dans une des dix mille entreprises de l'industrie alimentaire. Mais outre les qualités gastronomiques, les consommateurs optent consciemment de plus en plus pour une complémentation de leur régime alimentaire quotidien avec des nutriments sains.

Naredi approuve la vision que l’homme peut jouer un rôle plus actif dans le maintien de sa santé. Le rôle des compléments alimentaires dans les aspects nutritionnels et de santé a entre-temps aussi été reconnu dans le Plan National Nutrition et Santé pour la Belgique 2005 - 2010. Naredi a contribué au développement de ce plan, à côté des différents interlocuteurs.

Extraits du Plan National Nutrition et Santé belge 2005-2010

De nombreux composants tirés de l’alimentation quotidienne sont essentiels au fonctionnement optimal de l’organisme. Les micronutriments, tels que les vitamines, les minéraux et les oligo-éléments, sont indispensables au fonctionnement normal du corps humain. Une insuffisance manifeste peut se traduire par des phénomènes de carence pouvant même conduire à la mort à court ou à long terme. Les conséquences d’un apport suboptimal sont, en revanche, souvent imperceptibles en apparence.

De plus, l’alimentation contient de nombreux autres éléments qui, s’ils ne conduisent pas nécessairement à de graves dysfonctionnements en cas de carence, jouent néanmoins un rôle essentiel dans le bon fonctionnement de l’organisme et la prévention de certaines maladies chroniques. De tels composants comprennent, entre autres, les fibres alimentaires, les pré- et probiotiques, les antioxydants, les composants végétaux, etc.

Aucune information récente et fiable sur la consommation des micronutriments dans la population belge n’est disponible pour la plupart des micronutriments et autres substances. Les résultats de l’enquête nationale de consommation alimentaire ne permettent qu’une estimation limitée de la consommation de ces nutriments. Mais aucune information plus spécifiquement consacrée aux groupes spécifiques de la population, comme les nourrissons et enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées, … n’est pratiquement disponible.

Les experts en alimentation s’accordent néanmoins sur le fait qu’en dépit de l’abondance d’aliments disponibles, quelques problèmes, méritant un surcroît d’attention dans le cadre du PNNS-B, peuvent être identifiés.

Ces problèmes sont notamment liés à une carence ou à un apport suboptimal en:

  • iode, par l’alimentation, dans la population en général,
  • fer et acide folique chez les femmes enceintes,
  • fer, calcium et vitamine D chez les nourrissons, les jeunes enfants et les adolescents,
  • calcium et vitamine D chez les personnes âgées,
  • vitamines, minéraux et autres substances dans la population en générale et dans certains groupes spécifiques de la population suite à une alimentation monotone, insuffisamment variée ou inadéquate.

La recherche en vue de la commercialisation de "nouveaux" nutriments est vitale.

L’alimentation contient également de nombreuses substances, ayant un effet nutritionnel et physiologique, pouvant jouer un rôle pour la santé. Tombent notamment dans cette catégorie les substances qui ont un effet antioxydant comme les isoflavones, les polyphénols, les flavonoïdes, la lutéine, la lycopène, … autant de substances ayant un effet sur certains facteurs de risque comme les phytostérols du soja et les substances qui favorisent l’équilibre de la flore intestinale telles que probiotiques et certaines fibres alimentaires prébiotiques.

Les effets de telles denrées alimentaires font l’objet de nombreux nouveaux projets de recherche et l’industrie alimentaire y voit un élément important pour lancer de nouveaux aliments dotés de propriétés fonctionnelles sur le marché.